L’OEIL lance une étude pour mesurer l’impact de la pollution lumineuse

Lauréat d’un appel à projets de l’Union européenne (le programme Best 2.0+), l’OEIL, Observatoire de l’environnement Nouvelle-Calédonie, vient de lancer Pollux NC, dont l’objectif est de fournir des informations sur la pollution lumineuse à l’échelle du territoire.

 

Les scientifiques vont s’appuyer sur plusieurs ressources. Des images satellitaires de la Nasa d’abord (« c’est ce qui est utilisé pour les feux », précise Anne Lataste, responsable de communication scientifique à l’OEIL). Puis des images à très haute définition d’un site pilote qui a été retenu, la zone urbaine Païta, Dumbéa et Mont-Dore. D’autres entités se sont montrées intéressées, comme les communes de Koumac et de Kaala-Gomen ainsi que KNS. Et, enfin, des données issues de capteurs. « Cela se fait en partenariat avec la société Dark Sky Lab, qui a développé cette technologie des sondes Ninox, qui permettent de mesurer le taux d’obscurité la nuit. Ils nous en ont fourni trois dont deux pour le compte du Cnes, centre national d’études spatiales », développe Anne Lataste.

Les résultats attendus pour fin 2022

Les lumières artificielles ont des effets néfastes sur la santé humaine, elles perturbent l’horloge biologique et sont en lien avec les accidents cardiovasculaires, et sur les écosystèmes en modifiant les habitudes des plantes et des animaux. « À Thio, on s’est aperçu que les colonies de chauves-souris étaient nombreuses au niveau des éclairages sur mines qui attirent les insectes. Elles désertent ainsi leur espace naturel, la forêt, ce qui change les équilibres. Les coraux aussi peuvent se retrouver perturbés. Alors qu’ils pondent au même moment partout dans le monde, la lumière artificielle peut décaler cette ponte. »

La réduction de la pollution lumineuse peut aussi représenter une plus-value économique. D’abord en diminuant le montant de la facture d’électricité et en étant un attrait touristique, avance Anne Lataste. « La Dark Sky Association a conçu un label pour les sites dit ‘ciels étoilés’, ce qui peut attirer des visiteurs et ainsi créer des ressources. »

Les résultats de l’étude sont attendus dans un an. À la lumière de ses recherches, l’OEIL émettra des recommandations afin d’indiquer les bonnes pratiques. Une démarche qui rejoint celle du cluster Synergie, qui œuvre notamment pour la maîtrise de l’énergie et plaide pour la mise en place d’une réglementation afin de réduire l’éclairage. L’association fait d’ailleurs partie du comité de pilotage du projet Pollux NC.

 

A.-C.P. (© OEIL)

 

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