L’installation de stockage des déchets non dangereux des espaces de l’Ouest se dévoile

Le Sivom VKP a présenté, mardi, la future installation de stockage des déchets non dangereux (ISDND) des espaces de l’Ouest. Son ouverture est prévue en juillet 2023 à la plaine des Gaïacs.

♦ Une ISDNC, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’un espace clos, gardienné et interdit d’accès au public. Les déchets non dangereux des particuliers et des entreprises y sont enfouis avec plusieurs protections pour les isoler du milieu naturel. À l’entrée, les déchets sont contrôlés, pesés et suivis. Le site fait l’objet d’une surveillance des eaux souterraines, comporte une bande de sécurité incendie et la qualité des eaux traitées rejetées est contrôlée. L’exploitation est soumise à un suivi technique et environnemental ICPE (installation classée à la protection de l’environnement).

♦ Comment ça marche ?

Prévue pour enfouir 448 000 m3 de déchets en 25 ans, l’ISDND comportera trois casiers constitués d’alvéoles indépendantes. Le premier, prévu pour huit ans, peut contenir jusqu’à 143 000 m3. Les casiers sont entourés d’une couche de matériaux naturels imperméables et d’une membrane en plastique. Au fond des casiers, des conduits récupèrent les effluents chargés en polluants, qui sont traités par phytoépuration. « Les déchets seront compactés et enfouis en couches successives pour essayer d’en limiter le volume et pouvoir exploiter le plus longtemps possible les casiers, explique Arnaud Banfi, directeur du Sivom VKP. Les eaux chargées en polluants passent par un système de filtration de type lagunage avant d’être contrôlés et rejetés en milieu naturel. »

Une fois plein, un casier est réhabilité. Il est d’abord recouvert d’une couche de matériaux imperméables, puis végétalisé et enherbé. Le but est d’encapsuler les déchets. En se décomposant, ils génèrent du gaz, qui est capté par des puits à l’intérieur du casier. Le gaz est ensuite brûlé par une torchère. Les eaux usées qui sont toujours produites continuent d’être traitées par une installation de traitement. La pluie n’entre pas en contact avec les déchets enfouis et est évacuée vers l’extérieur des casiers.

♦ Où sera-t-elle implantée ?

L’ISDND se situera entre la rivière Rouge et la rivière Blanche, dans la plaine des Gaïacs, sur la commune de Pouembout. Soit à un kilomètre de la ferme solaire qui est en cours de construction.

Pour qui ?

L’installation est prévue pour les communes de Voh, Koné et Pouembout, qui ont créé le syndicat intercommunal à vocation multiple (Sivom VKP) en 2008, et lui ont délégué les compétences d’adduction en eau potable, d’assainissement collectif et de gestion des déchets ménagers.

Par convention, la commune de Poya est partenaire du projet. Elle participera à l’investissement au prorata de sa population, aux frais de fonctionnement au prorata des tonnages enfouis et à la gestion de l’installation. Elle reste toutefois indépendante et autonome dans la collecte et la gestion de ses déchèteries.

Pourquoi ?

« Nos dépotoirs sont non réglementaires, insalubres, saturés et obsolètes », rappelle Arnaud Banfi. Le directeur du Sivom VKP insiste sur l’impératif de remplacer ces sites. « Nous sommes la dernière zone de la Grande Terre à encore exploiter des dépotoirs dans cet état-là alors que nous sommes la deuxième zone la plus peuplée après le Grand Nouméa », poursuit-il. Adopté en 2012, le Schéma provincial de gestion des déchets vise, par ailleurs, à ce que tous les déchets de la province Nord soient enfouis dans des installations aux normes environnementales et sanitaires. L’attente de la population est grandissante.

Quand ouvrira-t-elle ?

L’ouverture des lieux est prévue pour juillet 2023. Le groupement d’une quinzaine d’entreprises dont Colas est mandataire a remporté l’appel à projet via un concours en conception et en réalisation. Après obtention des autorisations règlementaires et permis, les travaux doivent être lancés en juin 2022.

Quel est son coût ?

Le coût global de l’installation de stockage des déchets est estimés à 1,25 milliard de francs. Inscrite au contrat de développement État-province Nord, l’opération est financée à 48 % par l’État, à 32 % par la province Nord et à 20 % par le Sivom VKP.

Quels changements pour les administrés ?

Peu de changements dans la collecte des déchets ménagers. Le tri sélectif n’est pour l’instant pas prévu. « Mais nous restons attentifs aux filières qui pourraient se monter et les déchèteries sont prévues pour être évolutives et pouvoir accueillir de nouvelles filières », précise le directeur du Sivom VKP.

Les dépotoirs de Voh, Koné et Pouembout seront fermés en juillet 2023. Leur dépollution suivra. Ils seront remplacés par deux centres de tri et de transfert. Deux déchèteries seront construites à la zone artisanale de Baco à Koné et à la zone industrielle de Vavouto à Voh. La redevance des ordures ménagères va augmenter afin de contribuer à l’équilibre financier du Sivom VKP.

Quid des déchets verts ?

Les collectes trimestrielles seront valorisées et non plus enfouies. Celles de Pouembout sont déjà valorisées par compostage au lycée Michel-Rocard. Un projet privé de plateformes de compostage est en cours. Il devrait être opérationnel d’ici l’ouverture de l’ISDND.

Et des déchets dangereux ?

Piles, batteries, huiles, carcasses de voiture, pneus et néons seront stockés à l’intérieur des déchèteries. Ces déchets sont réglementés par la province Nord, qui agrémente Trecodec. Une écoparticipation à l’achat finance les points d’apport, le transport et le traitement.

 


Gilles Josnin, vice-président d’UFC Que choisir

« Cela va dans le bon sens »

DNC : Que pensez-vous de ce projet ?

Dans sa globalité, ce projet me semble bien. Cela va dans le bon sens pour les administrés de VKP , leurs enfants et leurs petits-enfants.

Quelles pistes d’amélioration restent à développer ?

Le tri sélectif est un peu incontournable, car il y a une valorisation, même si elle n’est pas rentable, pour l’heure, sur le territoire. Mais tout évolue, que cela soit le verre, l’aluminium, les déchets ménagers et électroménagers, il va falloir qu’on y arrive. Si les syndicats intercommunaux de la province Nord s’associent, je pense que ces filières-là peuvent être gérées. Cela a un coût, mais la gestion de l’environnement et des déchets a un coût et je pense qu’il faut profiter de ce projet pour les intégrer.

 


Yann Péraldi, président du Sivom VKP et maire de Pouembout

« Quelque chose que nous devons à notre environnement »

DNC : En quoi ce projet va-t-il améliorer la situation sur votre commune ?

C’est un projet attendu par les administrés usagers des différents services que nous avons confiés au Sivom VKP à travers cette intercommunalité. C’est quelque chose que nous devons à notre environnement. C’est important que nous puissions traiter les déchets de manière à ne plus avoir d’impact sur l’environnement pour les générations à venir.

Concrètement, le dépotoir de Pouembout va fermer…

Tout à fait. Et cela au bénéfice de centres de tri et de transfert qui vont être le pendant des dépotoirs actuels, avec un principe de tri des déchets, avant leur acheminement pour enfouissement définitif à l’ISDND.

Le dépotoir actuel sera-t-il dépollué ?

Tout à fait, c’est évidemment prévu dans l’étude de réhabilitation du site actuel qui, nous le savons, a un impact important étant donné sa proximité avec la nappe phréatique.

Le prix de la redevance des ordures ménagères va-t-il augmenter ?

Oui, je pense que nous avons déjà évolué en ce sens. C’est une révolution pour les mentalités. Le niveau d’acceptation des gens évolue en fonction de la prestation qui est réalisée. Ils sont désormais prêts à payer le prix pour notre environnement.

 


Arnaud Banfi, directeur du Sivom VKP

« Une modification des habitudes des abonnés »

DNC : Quelles seront les changements pour les abonnés ?

Ce sera une modification des habitudes des abonnés puisque les dépotoirs seront fermés. Les sites ne seront plus les mêmes. Dans le fonctionnement, cela ne sera toutefois pas un gros changement. Les déchets ménagers qui vont pour l’instant aux dépotoirs iront dans les déchèteries. Il y aura une amélioration du contexte de dépôt des déchets. Une déchèterie, c’est quelque chose de salubre, d’ordonné, de réglementé. Cela n’a rien à voir.

En quoi la fermeture des dépotoirs représente un mieux pour l’environnement ?

Structurellement, un dépotoir c’est juste un endroit défini sur lequel nous enfouissons des déchets depuis des dizaines d’années, avec une concentration de polluants qui est importante, sans aucune barrière physique pour le milieu naturel. Quand il pleut sur le dépotoir, cela s’infiltre dans le milieu naturel, quand il y a un incendie, il se propage. Il y a tout un enjeu sur la dépollution. Le fait d’arrêter d’exploiter ces dépotoirs sera déjà un grand pas. Les réhabiliter permettra de limiter l’impact futur de ces sites.

 

Gédéon Richard (© Sivom VKP et G.R.)

 

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