L’Indonésie interdit à nouveau les exportations de minerai

Le monde du nickel connaît une nouvelle fois des soubresauts. Une fois n’est pas coutume, les métallurgistes et mineurs calédoniens ne sont pas six pieds sous terre. Au contraire, les Calédoniens sont plutôt à la fête avec des cours du London Metal Exchange qui ont atteint 17 850 dollars par tonne le 30 août, un niveau pas vu depuis 2014. Les raisons des turbulences que rencontre le marché du nickel sont nombreuses.

Parmi les plus importantes, on citera néanmoins surtout l’actualité en Papouasie Nouvelle-Guinée. Une pollution à l’usine de Madang, l’une des principales villes après Port Moresby. Le gouverneur de la province a qualifié cette pollution aux boues rouges de « pire désastre environnemental de l’histoire de la Papouasie Nouvelle-Guinée ». Ce dernier a demandé la fermeture définitive de l’usine qui appartient à l’entreprise Metallurgical Corp of China.

En attendant une décision du pouvoir central, la production a été arrêtée. Cette nouvelle est tombée presque en même temps que la décision de l’Indonésie d’interdire à nouveau les exportations de minerai. Cette décision a une portée nettement plus importante que la fermeture d’une usine. Presque instantanément, les cours du nickel ont pris 10 %, l’interdiction d’exportation du minerai limitant l’accès à la ressource. L’embargo pourrait représenter jusqu’à 9 % de l’offre minière mondiale. Jusqu’à peu, l’Indonésie extrayait le quart du nickel mondial. Vale Indonesia a tenu une conférence de presse pour expliquer tout le bien qu’elle pensait de cette mesure.

De fait, cette décision est clairement un soutien à la production métallurgique au détriment de la mine. L’objectif de l’État indonésien, qui est le même qu’au moment du premier ban de 2014, est d’encourager la construction d’usines sur le territoire. Le pays compte actuellement 11 usines de transformation du nickel. Près de 25 projets sont dans les cartons. L’idée est de conserver un maximum de valeur ajoutée sur le territoire, ce que procure la transformation. L’exportation de minerai brut rapporte peu et a des conséquences environnementales importantes.

Cette stratégie est symétriquement opposée à celle de la SLN qui va miser sur les exportations. Pour se faire une idée, l’ensemble des sociétés minières calédoniennes ont exporté 6,7 millions de tonnes de minerai humide en 2018. Le programme de la SLN devrait emmener le territoire à un quasi-doublement de ses exportations. Les exportations indonésiennes cesseront à compter du 1er janvier 2020. Cette interdiction était initialement prévue en 2022.

M.D.

©AFP Marc Le Chélard

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