L’immobilier marque le pas

Après des années plutôt dynamiques, le marché de l’immobilier semble marquer le pas. C’est du moins ce qui ressort d’une étude de l’Institut de la statistique et des études économiques. Les chiffres mettent en lumière une sensible diminution des transactions. Les ventes d’appartements, qui représentent le plus gros volume, est passé d’environ 1 100 transactions en 2018 à environ 800 en 2019. Le nombre de maisons échangées a été moins touché avec une baisse de l’ordre de 7 % (800). De manière générale, les transactions liées à l’habitat ont diminué de 18 %. Une des principales raisons de ce constat est la fin de la loi de défiscalisation locale sur les logements intermédiaires, la Rili. La construction massive de logements neufs défiscalisés a bousculé le marché pendant quelques années, en particulier à Nouméa où le prix des appartements est en baisse, laissant penser que le marché est aujourd’hui saturé.

Une mauvaise nouvelle pour le secteur du BTP qui est à bout de souffle et voit le nombre d’employés diminuer depuis près de cinq ans.  Le nombre de transactions des constructions déjà existantes a sensiblement augmenté en dix ans, passant de sept sur dix à neuf sur dix. En termes de prix, malgré la baisse du prix des appartements, le marché de l’immobilier se maintient dans la capitale à un niveau nettement plus élevé qu’ailleurs. Et l’écart se creuse, comme le montre l’évolution du prix des villas dans le Grand Nouméa. Alors que les prix stagnent, voire progressent légèrement pour les villas F4 à Nouméa, ils chutent dans les autres communes du Grand Nouméa qui avaient vu leurs prix progresser fortement ces dernières années, en raison d’une urbanisation galopante et plus spécifiquement à Dumbéa et Païta.

La province Nord connaît une situation un peu différente. L’Isee estime que la perte de dynamisme sur le Grand Nouméa a profité aux autres territoires de la Grande Terre, à la nuance près que les volumes sont difficilement comparables. La zone VKPP tire son épingle du jeu avec une progression du nombre de transactions de l’ordre de 23 %. Comme le souligne cependant l’Isee, les perspectives 2020 sont incertaines, et ce, pour l’ensemble du territoire. D’un côté, la sortie des premiers logements construits dans le cadre de la Rili pourrait pousser les ventes. Mais de l’autre, la situation économique et sociale, dégradée suite à la crise sanitaire, devrait fortement peser sur les transactions immobilières. La montée du chômage et la précarisation d’un grand nombre de travailleurs ne devraient pas jouer en faveur d’une reprise du marché.

M.D.

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