Libérer la parole

NC La 1ère a diffusé mardi soir 19 juillet un documentaire inédit : Wan’yaat – Sur une terre de la République française, réalisé par Dorothée Tromparent et Emmanuel Desbouiges. Ce film revient sur l’embuscade du 5 décembre 1984 à Wan’yaat, dans la vallée de Hienghène, et le meurtre de dix indépendantistes dont les deux frères de Jean-Marie Tjibaou, l’un des épisodes les plus tragiques de la guerre civile des années quatre-vingt qui décima la tribu de Tiendanite. À l’autre bout du fusil, de petits propriétaires métis de la vallée, à bout, terrifiés d’être chassés de leurs exploitations. Ces hommes se sont rendus, ont reconnu les faits mais n’ont jamais été condamnés, acquittés au motif de la légitime défense préventive, concept qui n’existe pas en droit français. Près de 40 ans plus tard, les principaux protagonistes encore vivants de ce drame témoignent pour la première fois. Le film a déjà beaucoup fait parler, en bien, en mal. Il est effectivement difficile. En particulier, les témoignages sur l’état des victimes, les scènes de tribunal à la FOL et la rencontre entre l’un des acquittés et le fils de Jean-Marie Tjibaou.
Certains ont dénoncé le « parti pris » de ce film qui ne s’attarde pas, c’est vrai, sur la terreur que subissaient les métis et les Européens, sur les manquements des autorités et en particulier de l’État à les aider. Le « parti pris » de la chaîne du service public qui a montré ce film a aussi été mis en cause. À notre sens, tout éclairage, qu’il comporte ou non des défauts,
qu’il soit complet ou non, doit être montré. C’est justement ainsi que la parole circule et, qu’au bout du compte, ce territoire continue d’avancer. Il y a sur les Évènements encore beaucoup à dire et à faire, pour surmonter les traumatismes, de quelque origine que l’on soit. Et chacun, jusqu’à l’État, devra faire ce travail.

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