Levée des restrictions internes, discussions sur les frontières

Les mesures de prévention et de restrictions internes au territoire mises en place pour lutter contre l’éventuelle propagation du coronavirus sont levées depuis lundi. Mais les frontières demeurent fermées sauf exceptions, avec des frictions sur le traitement des étudiants.

• Retour à la normale

Le président du gouvernement a annoncé, jeudi dernier, la fin des mesures mises en place depuis le 4 mai dans le cadre de la crise du Covid-19. Une décision prise en collégialité, en accord avec les trois provinces, et proposée au haut-commissaire qui se base sur deux constats : l’absence de circulation du virus localement et un dispositif de rapatriement jugé suffisamment efficace. Il a ainsi permis de détecter les derniers cas positifs à l’issue de leur quatorzaine.

Depuis lundi, toutes les contraintes de regroupement, la tenue de listes nominatives, le port du masque ne sont donc plus obligatoires et les activités peuvent reprendre normalement. Malgré tout, les autorités invitent les Calédoniens à faire une habitude des gestes d’hygiène préconisés durant la crise et de maintenir les équipements de protection installés dans les commerces et entreprises. Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de l’enseignement, a également donné des consignes pour que les mesures d’hygiène soient sanctuarisées dans les établissements scolaires. Ils peuvent aussi choisir de maintenir des dispositifs qui ont bien fonctionné sur l’aménagement des locaux, des sens de déplacement… Les sorties scolaires sont de nouveau autorisées sous réserve de validation des autorités, mais les voyages demeurent interdits. La crise a permis d’engager une réflexion sur l’enseignement à distance et les rythmes scolaires qui servira pour la suite.

Isabelle Champmoreau. 

• La stratégie sanitaire s’affine

Toujours dans l’éventualité d’une introduction du virus (on a vu que les situations épidémiques repartaient dans certains pays, notamment en Asie), le gouvernement poursuit son travail d’amélioration de la stratégie sanitaire. Valentine Eurisouké (santé), Didier Poidyaliwane (affaires coutumières) et Jean-Pierre Djaïwé ( jeunesse, sécurité) présenteront, ce jeudi, le bilan d’une tournée pour améliorer le dispositif de détection et de prise en charge des malades sur l’ensemble du territoire. Il s’agit notamment de mettre en place des points relais de prélèvements et d’isolement dans les centres médico-sociaux voire d’analyses des tests. Parallèlement, on le sait, un stock stratégique d’un million de masques a pu être constitué.

• Discussions sur la troisième semaine de quarantaine

Concernant les arrivées sur le territoire, le protocole de quarantaine est pour le moment maintenu à 14 jours dans un hôtel, suivi d’une semaine de confinement « strict » à domicile. Mais Thierry Santa a indiqué que des discussions étaient en cours sur l’opportunité de garder ou non la troisième semaine « mise en œuvre quand l’épidémie en Europe, et en France, était à son paroxysme ». Désormais, la situation paraît plus maîtrisée dans les pays avec lesquels nous sommes en contact. La loi actuelle est en vigueur jusqu’au 10 juillet.

• Un protocole particulier pour les experts

Un protocole particulier est en cours d’élaboration par la Dass pour l’accueil des experts scientifiques et techniques, nationaux et internationaux, qui viennent pour de très courtes durées au service des industries, des entreprises, établissements publics et pour lesquels une quarantaine si longue n’est pas envisageable. A priori, Ils ne seraient pas soumis à la quatorzaine obligatoire, mais empêchés de tout contact avec la population.

• Derniers rapatriements avant une quarantaine payante ?

Il resterait actuellement 1 000 personnes à rapatrier. Désormais, pour les personnes inscrites sur les listes de rapatriement après le 14 avril, les billets d’avion sont facturés au « tarif normal ». Il y a deux à trois vols par semaine et les rapatriements se font toujours sur des critères de priorité et en fonction de la capacité d’accueil, de 600 places, dans les hôtels. Le dispositif de quarantaine coûte excessivement cher. Il est évalué à 2,4 milliards de francs et à 400 ou 500 millions de francs par mois supplémentaire. Une réflexion est en cours pour la rendre partiellement ou totalement payante… L’idée de professionnaliser la gestion des quarantaines reste toujours d’actualité, selon le président.

• Le cas des étudiants

Selon les chiffres avancés par le gouvernement, sur les 730 étudiants souhaitant rentrer et répondant aux critères de priorité, 483 sont déjà revenus (66 %) et 244 restent à rapatrier (44 %). Chaque vol de retour comprend en moyenne 30 étudiants. Ils seraient actuellement 200 dans les hôtels. Avec une ambiance quelque peu nouvelle, animée. « Dans un mois tous ceux qui se sont manifestés seront rentrés », a assuré Isabelle Champmoreau. Elle a rappelé, si besoin était, que les militaires ne prenaient pas les places des étudiants puisqu’ils rentraient sur des dispositifs bien distincts.

Une intervention de la « ministre » qui s’est tenue mardi, en réponse au mouvement de l’Union des groupements de parents d’élèves associée au collectif étudiants. L’UGPE estime à 4 000 le nombre d’étudiants dont 3 000 boursiers hors du territoire (« des chiffres cumulés sur plusieurs années », estime Isabelle Champmoreau). L’union demande que tous soient rapatriés par des vols charters et que soit ainsi prise en compte leur « détresse financière et psychologique ». Une éventualité écartée par le gouvernement, qui reste néanmoins sensible à cette question et ouvert aux discussions. Pour les étudiants restés en Métropole, 1,3 million de francs d’aides (alimentaires, factures) a été attribué.

L’attention est aussi portée désormais sur le départ des jeunes à l’étranger ou en Métropole, alors que se lèvent progressivement les restrictions et que nos vols depuis Tontouta peuvent fonctionner à plein. 777 étudiants se sont inscrits sur les listes de recensement. Il s’agira de les faire partir « au bon moment », quand les dates de rentrée seront précisées.

L’UGPE, la Fapep, la FCPE et le collectif étudiants ont manifesté mercredi devant le gouvernement. Ils réclament le retour de tous les étudiants et de la transparence sur le dispositif de rapatriement. ©UGPE 


La « bulle » nécessite une réflexion importante

La reprise du trafic aérien au sein de la « bulle trans-Tasman » entre pays « Covid-Free » a fait l’objet d’une rencontre du président du gouvernement avec les consuls généraux d’Australie et de Nouvelle-Zélande. La demande de la Nouvelle-Calédonie pourra être examinée dès lors que ces deux pays auront mis en place un espace de libre circulation, ce qui pose encore des difficultés avec certains États australiens.

Depuis le 5 juin, la Nouvelle-Calédonie a déjà ouvert une « petite bulle » de libre circulation avec Wallis-et- Futuna, qui ne présente aucun cas de Covid-19. La possibilité d’assouplir le dispositif avec d’autres pays de la région, tels que les îles Fidji ou le Vanuatu, va aussi être étudiée. Mais ces éventuelles ouvertures, a expliqué Thierry Santa, font l’objet de réflexions importantes. « Cela suppose qu’il y ait une vraie analyse pour savoir si les protocoles sont partagés, si ces pays ont l’intention de rouvrir leurs frontières et avec quels autres pays… Cela suppose que l’on prenne notre temps. »

C.M.

 

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