« L’État ne doit pas céder aux menaces et aux pressions »

Alors qu’une clarification de l’État est attendue prochainement sur le maintien ou non du référendum le 12 décembre, trois formations des Voix du Non se sont exprimées pour défendre l’organisation de la consultation à la date prévue. Pour eux, l’argument sanitaire ne tient plus.

La pression monte en Nouvelle- Calédonie. Indépendantistes et non- indépendantistes s’opposent sur la date du troisième et ultime référendum de l’Accord de Nouméa. Jusqu’ici, le positionnement de l’État n’a pas varié : seule une épidémie « hors de contrôle » pourrait retarder la consultation. Les Républicains calédoniens, Générations NC et le Mouvement populaire calédonien, qui font campagne sous la bannière des Voix du Non, se sont exprimés lundi matin. Ils observent que la situation sanitaire s’est nettement améliorée et qu’elle « permet de tenir une campagne avec parfois des adaptations mais sans difficultés ».

« Un besoin d’aller voter »

Les partis plaident pour une campagne sans restriction sur les réseaux sociaux – d’ailleurs largement utilisés par les deux camps lors des précédents scrutins – et sur le terrain par le biais de réunions en petit comité jusqu’à 15 personnes et de porte-à-porte. Une réalité pas simple, « mais qui s’impose à tous ». « Nous avons déjà tenu pas moins de 25 réunions de proximité dans les quartiers populaires et en Brousse », explique Nicolas Metzdorf, président de Générations NC.

En outre, durant ces rencontres, les élus soutiennent avoir entendu partout, et quelles que soient les tendances politiques, « un besoin d’aller voter » « pour aller de l’avant, se projeter et sortir de cette situation mortifère. » « Cela fait trois fois qu’on nous pose la même question, les Calédoniens savent s’ils veulent l’indépendance ou pas », ajoute Gil Brial pour le MPC et ils « connaissent les implications du Oui et du Non ».

Pour toutes ces raisons, les trois formations demandent à l’État de « sortir de l’ambiguïté » et de maintenir le référendum. « L’État, qui avait trop souvent montré une faiblesse vis-à-vis des indépendantistes, ne doit pas céder à leurs menaces et leurs pressions ».

« Jamais nous n’accepterons »

Aujourd’hui, personne ne comprendrait un tel positionnement, estiment les Loyalistes. « Ce serait un recul par rapport à la parole donnée et il faudrait s’attendre à une réaction de notre part », prévient Sonia Backes présidente des Républicains calédoniens, qui dit agir « sans craintes, sans formuler de menaces mais avec beaucoup de détermination ». « Jamais nous n’accepterons que les Calédoniens, quelle que soit leur appartenance politique, se fassent confisquer ce référendum », renchérit Gil Brial, rappelant au passage qu’« il n’y a pas que les indépendantistes dans ce pays ». « On n’a pas cédé pour le conflit de l’usine du Sud, on ne cédera pas plus cette fois-ci. »

Sur la non-participation des indépendantistes, ils rétorquent : « C’est sûr qu’on aimerait qu’ils y aillent. Mais s’ils n’y vont pas, tant pis ! » Ils portent en revanche une attention particulière aux « risques de pression » pour que les gens ne se rendent pas dans les urnes. Ils appellent au contraire l’ensemble de la population à se mobiliser. « Il pourrait aussi y avoir une démobilisation de nos électeurs, concède Sonia Backes, mais j’attire l’attention sur le fait que l’on entend de plus en plus de jeunes indépendantistes dire qu’ils vont y aller. Il n’y aura pas zéro vote pour le Oui!»

Alors que les indépendantistes ne participeront pas aux discussions sur l’avenir en cas de maintien, les représentants loyalistes promettent, eux, d’être présents quand il s’agira de négocier un nouveau statut et de décider d’un projet de société « où chacun pourra trouver sa place ».


Quelle stabilité demain ?

Dans ce rapport de force, les non-indépendantistes disent aussi défendre un modèle politique. Pour Nicolas Metzdorf, « le modèle indépendantiste pose un vrai problème de stabilité pour notre pays qu’il faut questionner pour l’avenir ». « On ne peut pas décaler un référendum validé par l’Accord de Nouméa, par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie et par le président de la République à Paris sur de mauvaises raisons parce qu’on ne veut pas y aller », commente-t-il. « À ce moment-là, dans la Nouvelle-Calédonie d’après, on pourra remettre en cause tout et n’importe quoi tout le temps si on n’est pas d’accord, alors que la base d’un pays, c’est quand même sa stabilité institutionnelle et politique dans un cadre fixé. On ne voit pas Emmanuel Macron revenir tout le temps sur la Constitution. C’est pour cela que c’est un pays fort. De la même manière, quand la Nouvelle-Calédonie prend ses décisions politiques et institutionnelles, elle doit s’y tenir ».

C.M.

©C.M./DNC

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