Les retraités tapent du poing sur la table

Le 11 juin, les retraités étaient devant la Cafat pour exprimer tout leur mécontentement quant à la gestion des retraites par le conseil d’administration de la caisse de protection sociale, composé des représentants des partenaires sociaux et du gouvernement. Réunie à l’Usoenc, le 16 septembre, l’intersyndicale a une nouvelle fois souhaité alerter les pouvoirs publics et la population sur la situation des retraités.

Ces derniers sont de plus en plus inquiets avec la situation compliquée des trois usines de nickel. Et c’est sans compter qu’ils ont cette désagréable sensation d’être pris pour des idiots. Alors que la Nouvelle-Calédonie s’est engagée dans une démarche « pour le bien vieillir », les retraités ont l’impression d’être moins considérés qu’hier, reprochant aux élus de venir les chercher en période électorale et ne plus les entendre une fois leurs bulletins de vote acquis. Des courriers envoyés à la province Sud et au gouvernement par l’intersyndicale attendent toujours les réponses.

La rancœur porte très concrètement sur la carte senior, lancée en 2018 en fanfare. Deux ans après, le constat dressé par l’intersyndicale est amer. Les avantages de la carte ne représentent pas grand- chose, du moins pas vraiment des choses utiles pour les retraités et plus personne ne s’occupe véritablement du dossier. L’intersyndicale explique avoir elle-même engagé des discussions avec Tanéo et les grandes surfaces afin d’obtenir des prix sur les transports, un poste de dépenses important pour les personnes âgées, et dans les commerces pour les produits du quotidien.

70 % des retraités ont moins de 100 000 francs par mois

L’enjeu est important. Si quelques retraités ont des pensions confortables, c’est loin d’être la majorité. Selon l’intersyndicale, près de 70 % des retraités vivent avec des ressources ne dépassant pas 100 000 francs. Autant dire que les fins de mois sont difficiles pour près de 20 000 personnes qui ont travaillé une grande partie de leur vie et largement contribué à la construction du pays. Un décalage qui met en colère les retraités, qu’ils relèvent du privé ou du public.

Ils réclament d’être davantage entendus par le gouvernement et rappellent les programmes portés pendant la campagne des provinciales dont l’augmentation des pensions sur cinq ans. Un dossier qui est au point mort au niveau de la Cafat et pourrait ne pas aller dans ce sens, si l’on considère la situation des comptes sociaux. Le régime des retraites n’est pas encore dans le rouge, mais sa réforme n’est qu’une question de temps et si l’intersyndicale ne demande pas à avoir de voix délibérative, elle veut au moins être informée et entendue. C’est le sens de sa demande, d’avoir un siège au conseil d’administration de la Cafat, sans voix délibérative.

Les retraités ont appelé à la mobilisation devant la Cafat lors du prochain renouvellement du bureau. Si l’intersyndicale est particulièrement critique vis-à-vis des élus, elle l’est également envers les retraités eux- mêmes ainsi que les actifs qui seront les futurs retraités. Selon les responsables du mouvement, la situation ne changera qu’avec une prise de conscience des Calédoniens et leur mobilisation.

M.D.

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