Les retraités dans la rue

L’intersyndicale des retraités s’est mobilisée, le 11 juin, devant le siège de la Cafat, à Nouméa.

Ce mouvement avait pour but de porter deux principales revendications. La première concerne la revalorisation des pensions. Sur ce point, la direction de la Cafat fait valoir qu’elle est calquée sur l’évolution de l’inflation. Selon les chiffres de l’Isee, l’indice des prix a progressé de 0,18 % entre 2018 et 2019 sans que cela se traduise pour autant par une augmentation des pensions. L’intersyndicale dénonce maintenant depuis plusieurs années la dégradation du pouvoir d’achat des retraités.

Les représentants pointent par ailleurs le rôle de leurs centrales qui ont pris la décision de voter contre la revalorisation du point. « Nos administrateurs viennent ici et se couchent, alertaient-ils au micro. Leur rôle est de se battre pour les travailleurs. Il va falloir mettre un coup de pied de cette fourmilière. Ceux qui seront à la retraite demain ne s’en soucient pas aujourd’hui, mais ça va être dur. La majorité des retraités touchent moins de 150 000 francs. » « Moins on va revaloriser le point, plus on va toucher le pouvoir d’achat des retraités et plus on va toucher la solidarité entre les générations, ajoute Bruno Heuea-Poroï, le porte-parole de l’intersyndicale, qui met également en avant l’incohérence de la situation. Ils nous disent qu’il n’y a pas d’argent, mais aujourd’hui, c’est la caisse de retraite qui finance le Ruamm. Et il y a des bruits de couloir qui laissent entendre que cela pourrait se reproduire. » Une référence au prêt de la caisse de retraite au Ruamm décidé par les élus du Congrès pour éviter la cessation de paiement.

Le collectif de retraités s’interroge sur le rôle des partenaires sociaux et l’opacité de la Cafat. « On n’est plus du tout au courant de ce qu’il s’y passe, reprend le porte-parole. C’est la raison pour laquelle nous demandons à avoir un observateur au sein du conseil d’administration. Nous ne sommes pas au courant de tout. » Selon Bruno Heuea-Poroï, le gouvernement s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de cette demande sans que cela soit suivi d’effet. Les retraités ont d’ores et déjà promis d’être au rendez-vous du prochain conseil d’administration, au mois de juillet, qui sera renouvelé. S’ils devaient ne pas être entendus, les « anciens » assurent réfléchir sérieusement à reprendre les vieilles techniques qui ont fait leurs preuves : les blocages.

M.D.

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