Les réponses à vos questions

Tandis que l’épidémie progresse en Nouvelle-Calédonie,
de nouvelles questions se posent concernant la vaccination des jeunes, la maladie en elle-même, les effets secondaires ou les traitements accessibles à l’heure actuelle.

  • Faut-il vacciner les enfants de moins de 12 ans ?

En Nouvelle Calédonie, la question a été abordée, mais « pour l’instant, l’Agence européenne du médicament n’a pas assez d’informations scientifiques pour recommander la vaccination au moins de 12 ans », précise le Dr Mabon, de la Dass. Au niveau international, aucune étude examinée par des pairs et publiée dans une revue scientifique n’aurait encore été diffusée. Seuls les laboratoires Pfizer-BioNTech ont annoncé, le 20 septembre, les résultats prometteurs d’une étude clinique concernant l’injection du vaccin chez des enfants de 5 à 11 ans. Israël a encore une fois pris les devants en vaccinant, depuis le 1er août, les enfants de cette tranche d’âge. Bien que le vaccin n’empêche pas à 100 % de transmettre le virus, une action sur sa circulation, même chez les plus jeunes, pourrait éviter une nouvelle saturation des hôpitaux et des morts, estiment les autorités sanitaires internationales. Mais le risque d’effets secondaires de la vaccination doit auparavant être évalué.

  • Quand est-on guéri du Covid ?

« Une personne est dite guérie lorsqu’elle n’est plus contagieuse, c’est-à-dire au dixième jour après le début de ses symptômes ou au dixième jour après la date de positivité de son test si l’on n’a pas celle du début des symptômes », explique le Dr Mabon. Car la fin des symptômes ne signifie pas que le virus a disparu. Pour la plupart des patients, la disparition de la fièvre, toux et des difficultés respiratoires survient bien avant l’élimination complète du virus dans le corps. D’où cette période de 10 jours nécessaires pour qu’un cas soit considéré comme guéri.

  • Qu’est-ce que le Covid long ?

« Certaines personnes sont considérées comme guéries alors qu’elles sont encore en réanimation. Elles ne sont pas sorties d’affaire, car elles peuvent présenter des séquelles », a prévenu Yannick Slamet, porte-parole du gouvernement. Lorsque les symptômes de la maladie persistent plusieurs semaines ou mois après les premières manifestations, on parle de Covid long. Ces symptômes sont multiples dans leur nature et leur gravité. Les malades en ont rapporté plus de 200. Cependant, le Covid long ne concerne qu’une minorité de malades, seuls 10 % présenteraient des symptômes trois mois après l’infection. Selon une étude publiée le 1er septembre dans la revue The Lancet Infectious Disease, la vaccination complète réduit de 50 % le risque de développer des symptômes liés au Covid-19 après 28 jours.

  • Qu’est-ce que l’anosmie ?

C’est un symptôme fréquent associé au Covid. Il s’agit de la perte de l’odorat. Dans une nouvelle étude de l’Institut Pasteur, du CNRS, de l’Inserm, d’Université de Paris et de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, ce phénomène est dû à la destruction des cellules permettant de sentir les odeurs par le virus. « Les femmes et les personnes âgées ont plus de risques de voir ces symptômes persister que les hommes ou les plus jeunes », rapporte l’étude. En plus de l’anosmie, certains patients peuvent développer des hallucinations olfactives (fantosmie) et des distorsions des odeurs (parosmie). Heureusement, la muqueuse olfactive est la plupart du temps capable de se régénérer. Cela peut prendre entre trois et six mois avec de la rééducation, notamment chez un orthophoniste.

  • Où en est-on du vaccin injecté par voie nasale ?

Les chercheurs français viennent de déposer, début septembre, le brevet pour le développement d’un vaccin contre le Covid administré par voie nasale. Selon l’Inrae, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, la phase clinique de ce nouveau vaccin devrait débuter en 2022 pour une mise sur le marché en 2023. Ce vaccin d’un nouveau type, à base de protéines virales, a donc été conçu pour une injection par le nez. Les tests précliniques démontrent que son efficacité est encourageante en termes de réponse immunitaire et de neutralisation précoce du virus original et de ses variants. Après deux immunisations espacées de trois semaines, ce nouveau vaccin bloquerait tout risque de contamination par un individu.

  • Et les patchs ?

Se faire vacciner sans douleur et sans aiguille, c’est ce que promettent des scientifiques chinois qui travaillent à la création d’un vaccin sous forme de patch. L’alternative est intéressante d’autant que les vaccins actuels à ARN messager sont fragiles et leurs conditions de stockage parfois compliquées à mettre en œuvre. Ils doivent en effet être conservés au froid (parfois – 80 degrés) pendant tout le transport jusqu’aux centres de vaccination pour garantir leur sûreté et leur efficacité. Le patch sur lequel travaillent les chercheurs chinois est constitué de 100 micro-aiguilles biodégradables indolores, selon eux, qui injectent la solution vaccinale. Les essais préliminaires menés chez les souris sont plutôt concluants, mais ils ne permettent pas d’attester de l’efficacité et la sûreté de ce vaccin en patch chez l’être humain. Seuls des essais cliniques rigoureux pourront l’attester.

  • Quels sont les nouveaux traitements disponibles ?

À l’heure actuelle, aucun traitement antiviral ne s’est montré efficace mais l’Institut Pasteur de Lille teste actuellement l’effet du clofoctol sur des patients antillais. Les Antilles ont été choisies en raison de leur faible taux de vaccination. Parallèlement, un autre type d’approche semble prometteuse, mais elle est encore au stade d’étude. Pour traiter les patients adultes à risque élevé de développer une forme grave, plusieurs laboratoires ont développé des thérapies à base d’anticorps monoclonaux, c’est-à-dire tous identiques provenant d’un seul lymphocyte B, les cellules de l’immunité. Pour mettre en place ce traitement, ils sont partis d’une observation simple : tandis que la réponse immunitaire est faible chez certains patients, elle est, au contraire, très forte chez d’autres qui produisent des anticorps neutralisant le virus. Ce sont justement ces anticorps qui ont été travaillés, notamment par le laboratoire Immunologie humorale de l’Institut Pasteur (Paris) afin de développer ce nouveau traitement complémentaire. « Ces recherches sont particulièrement suivies en Nouvelle-Calédonie », a indiqué le Dr Thierry de Greslan, président du CME, le conseil médical d’établissement du CHT.

Virginie Grizon

 

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