Les renforts de soignants arrivent

Etienne Gayat, directeur médical de crise à l’assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) et conseiller médical du ministère de la santé, a présenté aux élus puis à la presse les conclusions de la mission d’évaluation menée depuis une semaine sur le territoire par une délégation de six experts nationaux.

Suite à l’appel à la solidarité nationale formulé par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, 70 personnels soignants arrivent mardi soir. Ce premier groupe compte 8 médecins, 40 infirmières, 15 aides-soignants mais aussi des techniciens de laboratoire etc.

Ils seront suivis en fin de semaine par 60 soignants de la réserve sanitaire nationale déjà déployée en Métropole et quasiment dans tous les outre-mer. Les délégations doivent aussi comporter des spécialistes pour l’accompagnement psychologique des soignants.

Tous sont vaccinés, seront testés et resteront pour une durée minimum de trois semaines. Ils seront déployés principalement au Médipôle mais aussi à Koné et dans les hospitels de Nouméa.

Des moyens matériels seront également acheminés dont 20 respirateurs, des systèmes de perfusion ou d’alimentation.

Pour Etienne Gayat, la Nouvelle-Calédonie a la chance de bénéficier d’équipements de qualité, d’hôpitaux nouvellement équipés. Mais il y a effectivement des besoins en ressources humaines.

« On a vu un hôpital sous tension (…) Je revis ce qu’on a vécu en mars avec un hôpital qui avance comme un seul homme. C’est formidable mais les gens vont se fatiguer ». « On arrive cette semaine au bout des moyens » a-t-il commenté.

300 soignants au total pourraient être déployés dans les prochaines semaines si le gouvernement fait une demande en besoins supplémentaires. On pourrait ainsi espérer gérer un total de 70 lits de réanimation.

La Nouvelle-Calédonie pourrait également solliciter les moyens militaires de réanimation de l’armée actuellement déployés aux Antilles. Les FANC contribuent déjà à l’effort notamment dans le transport de personnes et l’aide au CHT.

Si par la suite la situation se dégradait encore, il serait également possible d’envisager des évacuations sanitaires vers la Métropole comme cela a été fait aux Antilles et plus récemment en Polynésie Française.

Parmi les dispositifs qui sont en train d’être travaillés : la question des transports des malades, la mise en place d’une cellule de coordination territoriale avec un numéro unique dédié aux professionnels de santé, la gestion des patients décédés « qui a posé problème partout » ; ou encore la circulation de l’information. « Il faut aller au bout de la communication auprès du grand public et accepter aussi l’incertitude que les éléments évoluent d’une semaine à l’autre ».

Plusieurs recommandations ont été effectuées à moyen et plus long terme : continuer les efforts de vaccination celle-ci ayant fait ses preuves notamment en Métropole, réfléchir à la mise en oeuvre d’un pass sanitaire, élargir la capacité en tests.

Pour Etienne Gayat, la vitesse de propagation de l’épidémie s’explique surtout par un bas niveau de vaccination, par l’absence d’immunisation locale, mais aussi l’absence de distanciation sociale en statut covid-free, avec également une période de fête. Mais il observe que le confinement et le couvre-feu sont bien respectés et contrôlés. « On peut donc espérer un fort effet du confinement ».

C.M.

© C.M.

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