Les professionnels du sport font le dos rond

Ils font partie d’un des secteurs de l’économie les plus touchés par ce mois de confinement. Comme les événements sportifs sont interdits, coachs, salles et organisateurs sont dans le dur. Chacun s’adapte tant bien que mal.

Les salles ont laissé leurs rideaux de fer baissés, les organisateurs ont rangé chronos et dossards au placard et les photographes voient leurs appareils prendre la poussière. « C’est simple, mon chiffre d’affaires est quasiment à zéro depuis le début du confinement, pose Vincent Lucas, patron de la société Inlive, spécialisée dans les inscriptions et le chronométrage de la plupart des courses de la saison. En ce moment, mon travail consiste à rembourser des gens et à réfléchir avec les organisateurs sur le report de leurs événements. »

Au Faubourg-Blanchot, à Nouméa, Caroline Favier s’est adaptée pour continuer à vivre de son métier de coach. La patronne de la salle The Box a proposé deux choix à sa petite centaine d’abonnés : soit un décalage de l’abonnement d’autant de temps que dure le confinement, soit la poursuite de cet abonnement en échange de prêt de matériel. « Cela me permet ensuite de proposer des cours en ligne pour ceux qui le souhaitent », explique- t-elle. Elle préfère aussi prendre les choses du bon côté. « Je me suis dit au début que les quinze jours de confinement allaient m’obliger à prendre du repos. Mais maintenant, on arrive à un mois d’arrêt de l’activité, donc il ne faut pas non plus que cela dure trop longtemps, car les charges sont toujours présentes. »

Des aides bienvenues

La crise sanitaire touche différemment les acteurs économiques du monde du sport. « C’est sûr que comme cela fait des années que je suis dans le métier et que je travaille chez moi sans employé, j’ai moins de charges, précise Michel Paul, photographe sur de nombreuses compétitions, entre le tennis, le triathlon ou les trails. Mais je sais que pour les jeunes qui démarrent et doivent encore amortir leur matériel, c’est très compliqué. »

Tous sont dans l’attente des aides financières qui leur avaient donné beaucoup d’air en 2020, lors du premier confinement. « L’an dernier, entre mars et juin, j’ai vu mon salaire divisé par trois, reconnaît Vincent Lucas. Heureusement que j’ai pu avoir les aides. » Même son de cloche du côté de Michel Paul qui a perdu « un bon tiers de (son) chiffre d’affaires sur l’année 2020 » et qui espère donc à nouveau pouvoir compter sur les aides provinciales ou de l’État.

Embouteillages prévus

D’autant que personne ne sait vraiment quand les choses vont revenir à la normale. « Quand je vois le Triathlon international reporté en fin d’année, je me dis que les choses ne vont pas repartir tout de suite », constate le photographe. Il a toujours en mémoire la sortie de confinement de l’an dernier où les manifestations sportives n’avaient pu reprendre qu’au mois de juin, « après même l’ouverture des boîtes de nuit », soupire le patron d’Inlive. Et puis, une reprise dans quelles conditions ? « Il va y avoir un embouteillage entre les événements sportifs une fois qu’on aura repris un rythme normal, prédit Michel Paul. Même s’il y a beaucoup de reports et peu d’annulations, on ne retrouvera pas une activité normale cette année. » Et le meilleur exemple, c’est le mois d’août. Rien que pour la course à pied, huit compétitions sont déjà prévues (lire par ailleurs) sans compter les autres disciplines.


Trails reportés

Après avoir organisé un sondage auprès des coureurs et exposé ses difficultés d’organisation, l’Union des traileurs de Nouvelle-Calédonie a annoncé qu’elle reportait le Festival des trails et donc l’ultra-trail, qui devait se dérouler fin mai. Entre confinement et mauvais état des pistes dans le Grand Sud après le passage du cyclone Niran, cette double crise aura mis à mal l’organisation de l’événement qui vient donc se placer les 7 et 8 août, au début d’un mois extrêmement dense pour le trail. Au menu, la Gigawatt le 1er août, l’UTNC et le raid de Koné le 7 août, la Coast to Coast les 14 et 15 août et le trail des Cagous le 22 août. Plus le Marathon de Nouvelle-Calédonie à la fin du mois. Si ce calendrier ne bouge pas, les coureurs devront faire un choix.

A.B.

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