Les multiples facettes du Mois du patrimoine

Après les Femmes dans l’histoire en 2020, la 28e édition du Mois du patrimoine, lancée le week-end dernier à la Villa-musée de Païta et au foyer indonésien de Robinson, s’articule autour du thème de l’art et des divertissements. Pas moins de 39 associations et institutions ont concocté de nombreuses animations dont certaines sont inédites.

Expositions, visites guidées, concerts, spectacles, représentations théâtrales, chasse aux trésors, jeux, concours, ateliers, causeries, démonstrations, festival, contes… Le Mois du patrimoine 28e édition offre un large choix d’activités jusqu’au 19 septembre grâce à l’implication des associations. « On est dans cette idée de mettre en avant tous ceux qui font vivre les patrimoines au quotidien, introduit Ingrid Tateia, coordinatrice de l’événement à la province Sud. Près de quarante partenaires, qui représentent 500 bénévoles, participent à l’événement. » Avec des premières : le festival du ukulélé, la rétrospective sur les 50 ans de carrière du chanteur et musicien Ardi Panatte ainsi qu’un spectacle au kiosque à musique, à Nouméa, sur les rêves des frères Ménard, qui ont fait venir la première voiture sur le territoire, sponsorisé des tours cyclistes et construit le premier espace culturel en dur, Eugénie-Simone-Drouard.

De Yaté à Thio en passant par Prony, Nouméa et Bourail, le patrimoine se montre sous « une facette plus festive et dynamique ». « On rend aussi accessibles des sites d’ordinaire fermés au public, même des bâtiments privés, comme la grange de Méaré à La Foa », poursuit Ingrid Tateia. Enfin, la manifestation essaye de s’ouvrir à tous. « On propose des traductions en langue des signes, on se rend au CHS et dans une maison de retraite, aux Cerisiers bleus, pour une causerie. »

Retrouvez les rendez-vous du Mois du Patrimoine chaque semaine dans la page Sortir n°18. Programme complet sur province-sud.nc.


Premier concours de terrines à Bourail

Dans le cadre de sa journée dédiée aux secrets de fabrication et de cuisson du pain au feu de bois et de préparation et de fumage du saucisson de cerf, le musée de Bourail a imaginé le premier concours de terrines de campagne le samedi 11 septembre. Une bonne occasion de tester ses talents culinaires en la matière. Afin de se préparer au rendez-vous, Suzanne Mazurier, qui a fondé la marque La Broussarde il y a six ans et vend ses produits depuis près de trente ans sur les marchés et foires, partage son expérience.

Que faut-il pour cuisiner une bonne terrine ? Déjà, il faut une bonne base, indique Suzanne Mazurier, qui devrait prendre part à l’initiative. « Par exemple, je ne prends pas les cerfs qui ont une balle dans le ventre et je les laisse une semaine en chambre froide, ça les rend meilleurs. » Puis, une recette bien dosée. « J’utilise du vin ou une liqueur et je laisse macérer trois jours. » Autre ingrédient indispensable : le lard. Et la patience. « Il ne faut pas faire n’importe quoi trop vite. Pour faire du bon, il faut de la bonne matière et du temps. » La cuisinière a ses habitudes. « Certains travaillent avec de l’ail frais. Moi, je n’aime pas, je trouve que cela donne une couleur verte. Je mets de l’ail séché, déshydraté. » Bien sûr, le jour du concours, le public pourra participer et goûter.

Informations au 46 46 12 ou par mail à info@bourailtourisme.nc.


Les bagnards et les arts

Les archives de la Nouvelle-Calédonie ont décidé d’extraire de leurs fonds des documents originaux sur les moyens d’expression et de divertissement des condamnés du bagne lors de leur journée portes ouvertes le samedi 11 septembre. Manuscrits, photos, sculptures et journaux publiés à l’île des Pins par les condamnés de la Commune font partie de ce qui sera dévoilé.

« Un déporté, qui était photographe, a été autorisé à prendre des photos de l’enceinte fortifiée à Ducos, donc on a ressorti quelques clichés qui ont été pris entre 1875- 1878, notamment du cimetière de Numbo et du camp, raconte Christophe Dervieux, archiviste. L’idée est de mettre en valeur ce qui montre leurs pratiques artistiques pendant leur temps de condamnation. »

Parmi les occupations, la gravure sur coquillage, nacre et coco, la réalisation de scènes de pilou en terre peinte ou la fanfare de la Transportation. « En 1886, un arrêté autorise la confection d’ouvrages d’art en dehors des heures de travail. Cette réglementation légifère en fait sur une pratique qui existait déjà. Et puis, cela permet de lutter contre l’oisiveté. »

Informations au 26 60 20 ou par mail à archives@gouv.nc.

La couverture du chansonnier, récupéré en Métropole par hasard chez un particulier, est joliment décorée. Son contenu contient des gravures de l’île des Pins. Il sera montré lors de la journée portes ouvertes aux archives le 11 septembre. ©Archives de la Nouvelle-Calédonie 1 J 97


À Yaté, les collégiens racontent l’histoire de Touaourou et de la mine des Japonais

 

Le patrimoine vecteur d’histoire. L’antenne de Yaté de l’office de tourisme Grand Sud s’est rapprochée du collège de la commune et des élèves de 4e pour mener un travail en commun sur deux sites encore méconnus afin de promouvoir la région. « L’objectif était que les enfants aillent chercher l’information pour mieux connaître l’histoire de ces endroits en vue de mener la visite le 11 septembre, déclare Valérie Ouetcho, conseillère en séjour à l’antenne de Yaté. Cela permet aussi de montrer en quoi consiste le métier de guide et, peut-être, faire naître des vocations, car ça manque ici. »

Les jeunes auront la charge d’évoquer l’arrivée de la religion par la mer à Touaourou, où subsistent l’église et l’ancienne école des filles. Les vestiges de la mine des Japonais, protégés au titre des monuments historiques, se trouvent après la tribu de Goro. « Les enfants les connaissent, mais pas l’histoire derrière ces décombres. Je pense que ça les intéresse parce que c’est chez eux. » Jusqu’à 1 500 hommes ont travaillé sur la mine de fer, exploitée par les Japonais et fermée après l’attaque de Pearl Harbor, en 1941. Quelques installations rouillées, notamment du funiculaire et du tapis roulant, sont toujours visibles. Une randonnée existe sur leurs traces.

Informations au 46 06 25 ou par mail à info-md@destinationgrandsud.nc.

Les élèves de 4e vont mener la visite des vestiges de la mine des Japonais.© Office de tourisme Grand Sud

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