Les massifs calédoniens enfin connus

Le syndicat de la mine, en partenariat avec la Dimenc, le BRGM et la SLN, va lancer une campagne de reconnaissance des massifs miniers sur l’ensemble de la Grande Terre. Des travaux imposés par le Congrès, mais qui n’avaient pas été réalisés à temps. Avec quelques années de retard, les mineurs auront une meilleure connaissance des ressources. Les données seront également confiées à la collectivité. Elles contiendront des informations sur les eaux souterraines et les zones instables.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la connaissance des mineurs de leurs titres miniers laisse parfois à désirer. Il peut sembler étrange d’exploiter une ressource sans en connaître précisément la mesure, mais c’est pourtant bien le cas. Et c’est cette situation à laquelle les responsables politiques du Congrès de 2009 ont souhaité apporter une réponse au travers de l’adoption du schéma minier. Le document rappelait le manque de connaissances, mais soulignait les évolutions et les efforts en la matière. Il indiquait également que les données nouvelles seraient ajoutées au schéma de mise en valeur des richesses minières lors de sa mise à jour. Une mise à jour qui n’a toujours pas été effectuée depuis. Aucune évaluation des grandes recommandations n’a d’ailleurs été réalisée. Une relecture rapide du document laisse toutefois à penser que peu des recommandations essentielles n’ont été réellement travaillées par les élus.

En 2009, l’idée était de donner dix ans aux mineurs afin qu’ils puissent effectuer une reconnaissance de leurs titres miniers. Une obligation dont ils ne se sont pas acquittés. En début d’année, arguant d’un contexte difficile, les mineurs ont échappé à toute sanction, aucune n’était toutefois prévue par le gouvernement. Au mois de janvier, le Congrès a dû repousser la date butoir à 2024, accordant cinq années supplémentaires aux acteurs de la mine. Ces derniers se sont regroupés autour du syndicat de l’industrie de la mine pour effectuer une campagne de grande ampleur qui s’échelonnera en plusieurs étapes jusqu’en 2024. La première a commencé jeudi dernier et consiste à survoler le territoire en hélicoptère équipé d’un dispositif électromagnétique. Cet outil permet d’envoyer des signaux dans le sol et de récupérer des données, à la manière des échosondeurs utilisés par les bateaux.

Des données indispensables à la définition d’une stratégie minière

Les données permettent de renseigner sur la composition géologique du sol et sa structure jusqu’à des profondeurs allant de 200 à 300 mètres de profondeur, selon le Bureau de recherches géologiques et minières qui accompagne techniquement le projet. Au total, la campagne devrait permettre de collecter une trentaine d’informations différentes sur une profondeur de plus de 200 mètres, réparties sur une trentaine de couches. Des données qui apporteront aussi une meilleure connaissance des eaux souterraines, plutôt utiles dans le cadre de la politique de l’eau en cours de définition, et des zones instables. L’ensemble des données seront transmises à la Direction de l’industrie, des mines et de l’énergie qui aura la charge de les conserver et de les valoriser dans le cadre de la définition d’une stratégie minière.

La première phase de survol durera près de six mois et permettra de couvrir près de 18 000 kilomètres. La couverture de chaque kilomètre coûtant environ 20 000 à 30 000 francs, le budget global de l’opération est estimé à environ 450 millions de francs. Le coût sera entièrement pris en charge par les professionnels. Cette phase durera jusqu’en 2021, délai nécessaire pour que les mineurs traitent l’ensemble des informations collectées. Une fois les grandes zones d’intérêt pour l’extraction définie, une phase de sondage soumis à autorisation pourra commencer. Si l’outil électromagnétique renseigne sur la géologie, il ne permet pas de définir la concentration en minerai ni sa qualité. Pour ce faire, seuls les sondages sur site sont efficaces pour donner une connaissance précise sur la présence de la ressource et les possibilités d’exploitation. Cette dernière phase s’étalera jusqu’en 2024, date limite fixée par les élus du Congrès.

M.D.

©Marc Le Chélard – AFP

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