Les Loyauté sous la loupe de l’IEOM

L’Institut d’émission d’Outre-mer (IEOM) dédie une étude de 20 pages à Lifou, Maré, Ouvéa et Tiga. Son enquête de terrain dresse un portrait des communes, de leurs atouts et de leurs difficultés.

Comment les Loyauté s’en sortent par rapport au reste de la Nouvelle- Calédonie ? L’Institut d’émission d’Outre-mer (IEOM) tente d’y répondre dans un rapport, publié mercredi 13 juillet et consultable en ligne. Le document dresse un bilan, plus de 20 ans après la politique de rééquilibrage lancée en 1999, pour gommer les inégalités du territoire. « Le rééquilibrage a eu des effets positifs, mais on observe les limites de cet exercice », note Yann Caron, directeur de l’IEOM. En 20 pages, l’étude souligne les traits communs au-delà des disparités entre Maré, Lifou, Ouvéa et Tiga.

Toutes connaissent un flux migratoire important : de nombreux Îliens partent trouver un emploi ou poursuivre leurs études sur la Grande Terre. « La baisse d’emploi dans certains domaines et ce flux migratoire soulèvent la problématique du surdimensionnement et de la pérennité de certaines activités », indique Yann Caron. Les établissements touristiques souffrent, par exemple, de « pertes récurrentes » malgré leur clientèle locale. « Cela ne concerne pas les gîtes, mais les hôtels d’une dimension différente et aux coûts de gestion plus importants », détaille Yann Caron. La production agricole, en dehors de l’apiculture et de l’exploitation du santal, affiche des rendements en deçà de ses capacités. Un constat que l’IEOM explique par l’importante part de l’autoconsommation et de la vente informelle.

Modèle Pérenne ?

En conséquence, le taux de chômage est élevé (33 % en 2019 contre 15 sur le reste du territoire), principalement chez les plus jeunes (62 % des 15 à 24 ans). Le travail saisonnier et indépendant est important. Les services (31,6 % des emplois) et le secteur public (43 %) sont les plus gros employeurs des Loyauté. Environ 150 entreprises détenues par la Sodil, la société d’économie mixte de la province, fournissent le reste des emplois. « L’initiative publique n’a pas basculé sur l’actionnariat privé », remarque Yann Caron. L’étude de l’IEOM constate les difficultés de plusieurs filiales de la Sodil et s’interroge sur la « pérennité du modèle ».

Brice Bacquet

©B.B.

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