Les librairies échappent à la fermeture

C’est une des grandes différences avec le confinement de l’an dernier. Cette fois, les autorités ont décidé de laisser les librairies dans la liste des commerces de première nécessité. Un soulagement pour le secteur.

C’est une question qui pourrait être posée lors de l’épreuve de philo au baccalauréat. En période de crise, qu’est-ce qui peut être considéré comme de première nécessité ? Dans la réalité, c’est la loi qui décide. Alors quand le 8 mars, le haut-commissariat prend un arrêté pour encadrer ce nouveau confinement, il dresse également une liste de commerces autorisés à poursuivre leur activité. Et dans cette liste, on retrouve cette fois les librairies. « On a vécu ça comme un soulagement, commente Alice Pierre, directrice de la Maison du livre. D’autant que contrairement à l’an dernier, les boutiques étaient mieux préparées à une ouverture adaptée aux conditions sanitaires. » Ainsi, si l’an dernier, aucune librairie n’avait laissé ses portes ouvertes, ce n’est pas le cas cette fois.

« Click and collect »

À la Vallée-des-Colons, la boutique Ludik accueille toujours ses clients, même si les choses ont un peu changé. « On a bien sûr l’obligation de porter des masques, les vendeurs, comme les clients, de mettre du gel hydroalcoolique à disposition et de respecter une jauge de six clients maximum, détaille Annaëlle, une des vendeuses de cette boutique spécialisée dans les bandes dessinées et les jeux de société. Mais ce qui change réellement, c’est le « click and collect ». Je dirais que quasiment une vente sur deux se fait de cette manière. La personne passe sa commande en ligne, puis se rend au magasin pour la récupérer. » De quoi limiter largement la casse pour le secteur.

Au-delà de l’importance de répondre à la demande d’une clientèle en recherche d’occupation durant ce deuxième confinement, Alice Pierre se félicite que toute cette économie puisse continuer, malgré la situation sanitaire. Un maintien de l’ouverture, bienvenu dans un contexte où la culture est globalement en berne. « En ces temps de confinement, avoir accès à la lecture, c’est une façon de garder le lien avec la culture, explique-t- elle. Et puis cela nous permet aussi de ne pas mettre à mal, ou en tout cas le moins possible, tout le travail que l’on réalise autour du livre en Nouvelle-Calédonie. »

Loin des polémiques de 2020

En mars 2020, l’ouverture des librairies n’était pas à l’ordre du jour. Manque de préparation et surtout un mouvement de fermetures général bien plus important, face à une situation qui était alors totalement inconnue. À l’époque, l’ouverture ou non des librairies avait malgré tout fait débat en Métropole. Les petites structures avaient vu les géants de la vente en ligne, comme Amazon, continuer de vendre des livres dans les foyers, alors que le gouvernement était allé jusqu’à imposer la fermeture des rayons culture dans les hypermarchés. Ce n’est que lors du deuxième confinement, en novembre, qu’Emmanuel Macron avait annoncé que les librairies faisaient partie des commerces dits essentiels et pouvaient ainsi rester ouvertes.

A.B.

©A.B. 

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