Les LED : pas si vertueuses que ça !

S’appuyant sur les nombreux avantages de l’éclairage à LED (light-emitting diode), les particuliers et les collectivités multiplient son utilisation. Santé, environnement, écologie… Cependant, selon les dernières révélations scientifiques, ces ampoules n’offriraient pas un bilan si glorieux.

Depuis quelques années, la Nouvelle-Calédonie s’est engagée dans la transition énergétique et les pouvoirs publics multiplient, comme ailleurs, les incitations pour développer l’utilisation des diodes électroluminescentes à la place des ampoules aux bons vieux filaments.

Dernier grand chantier en date, un éclairage public avec ampoules à LED vient d’être installé au lotissement de port Ouenghi et port Ouenghi plage, à Boulouparis. La commune fait partie des premières de la région à installer de l’éclairage public à LED à une aussi grande échelle.

Cet équipement, approuvé et de fabrication française, semble n’offrir que des avantages : baisse de 40 % de la consommation, durée de vie du matériel accrue, entretien facilité et surtout une qualité d’éclairage optimale, comme le souligne Annie Paumet une habitante : « Quel changement ! Notre lotissement était mal éclairé. Désormais, il est plus sécurisé, et notamment pour ceux qui font du vélo ou marchent sur la route le soir. C’est aussi plus rassurant et agréable. »

Bien que les LED soient préconisées par les autorités européennes ou internationales, le débat est pourtant relancé et toutes sortes de constatations viennent démontrer le contraire : en clair, ce type d’ampoule nuirait à notre environnement et notre santé, car tout est une question de quantité d’éclairage.

Nocives pour l’environnement

D’après une importante étude publiée récemment dans la revue Science Advances, les scientifiques du centre GFZ de recherche de géophysique à Potsdam, en Allemagne, ont déterminé, notamment grâce à des observations par satellite, que l’éclairage artificiel de la planète s’est accru, tant en quantité qu’en intensité, d’environ 2 % par an de 2012 à 2016. « Bien que nous sachions que les ampoules LED permettent de réduire la consommation d’énergie sur des projets spécifiques – par exemple lorsqu’une ville remplace ses lampadaires à sodium par des LED – nos données montrent qu’au niveau mondial, ces économies sont effacées par la mise en place de lumières plus vives ailleurs », explique l’auteur principal de l’étude, Christopher Kyba. Et surtout de rajouter : « Les économies réalisées en remplaçant des ampoules à incandescence par des LED ont été investies pour installer encore plus d’ampoules. Il y a donc plus de pollution lumineuse. »

L’utilisation massive de cette technologie aurait donc eu pour effet d’accroître la pollution lumineuse sur la Terre avec tout ce que cela engendre pour la santé des hommes, plantes et animaux.

Les effets de la pollution lumineuse

Selon les observateurs, plus de 80 % de l’humanité vivent aujourd’hui sous des cieux inondés de lumière artificielle (Atlas mondial de la pollution lumineuse, 2016) et un tiers de la population de la planète ne peut jamais voir la Voie lactée.

Au fil du temps, on remplace donc les ampoules traditionnelles par des LED, mais on en met beaucoup plus, profitant des économies qu’elles engendrent. Or, les spécialistes sanitaires sont formels : « Cette lumière la nuit, plus forte, désoriente les animaux, nuit aux végétaux, mais surtout perturbe le rythme circadien et l’horloge biologique des humains, ce qui accroît le risque de cancer, de diabète et de dépression. » L’Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale, va plus loin en allant dans le sens d’une intuition partagée depuis longtemps par les ophtalmologues. Selon un rapport publié cette année, les LED sont potentiellement dangereuses pour les yeux. Les chercheurs français ont réalisé une expérience sur des rats, qu’ils ont exposés à toutes sortes d’ampoules. Résultat : seules les LED causent des dégâts sur les yeux. Même lorsque les rongeurs sont soumis à une faible intensité, équivalente à celle que l’on trouve dans les habitations, leurs yeux souffrent. Au bout d’une semaine d’exposition, des lésions au niveau de la rétine apparaissent. Les cellules qui la composent se nécrosent, meurent et contaminent d’autres cellules. En cause, la lumière bleue que les LED fournissent.

Consommation à la hausse

Éclairage public, lumière du foyer, smartphone, télévision, aujourd’hui, les LED sont partout. Faute aux pouvoirs publics qui, depuis 2005, croyant bien sans avoir le recul nécessaire, ont multiplié les dispositifs d’incitation à la commercialisation de ce type de diode. L’Union européenne s’est même fixé un objectif : réduire de 20 %, d’ici 2020, la consommation d’énergie liée à l’éclairage, et ce, grâce au développement de la LED.

Mais aujourd’hui, il faut faire face à un autre paramètre : puisque les LED garantissent une économie d’énergie, on les utilise plus, on éclaire plus et au final on consomme plus. À cela s’ajoute une pollution environnementale plus élevée, sachant qu’aucune recherche n’a encore été faite sur l’impact pour la planète concernant la fabrication de ces LED, qui demande d’exploiter des terres rares et des métaux précieux.

Par précaution, les spécialistes appellent donc à multiplier d’urgence les études sur la question des LED et à réfléchir, dès à présent, à une nouvelle génération d’ampoules qui contiendraient moins de lumière bleue. En attendant, ils recommandent aux particuliers d’opter plutôt pour les LED les moins puissantes et d’éviter de les regarder directement.

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