Les fous ont trouvé un asile

Les Artgonautes reviennent avec la troisième édition de cet événement un peu à part dans le paysage culturel calédonien. Les deux invités de cette Fête des fous à lier ne sont pas vraiment des inconnus. Restrictions budgétaires oblige, il y aura peu d’animations autour des spectacles, les organisateurs ayant souhaité privilégier la formation des artistes locaux. Le premier rendez-vous est prévu ce week-end, au Centre culturel du Mont-Dore.

Fous à lier, le compliment leur va comme un gant. Dans des styles assez différents, les deux invités de la troisième édition de la Fête des fous à lier sont littéralement… des fous à lier. La fête commencera ce week-end avec des représentations au Centre culturel du Mont-Dore, avant de s’établir à Nouméa mi-mars pour finir dans le Nord les 23, 24 et 25 mars.

Didier Super et Arnaud Aymard sont deux humoristes expérimentés dans le genre décalé, absurde, complètement fou ou encore bien trash… Didier Super se chargera avec son ton très personnel de la partie brut de décoffrage. Les Calédoniens se souviennent encore de ses passages et des vidéos « bucoliques » qu’il avait réalisé à l’occasion d’une promenade à Canala. Pour ceux qui seraient passés à côté, on peut les retrouver sur YouTube. L’effet est garanti.

L’humoriste-musicien corrosif est donc de retour pour deux spectacles, le premier, Didier Super en concert sans musique, est en quelque sorte une séance de rattrapage puisqu’il l’a déjà joué lors de sa première visite en 2012. Ce spectacle, qui est son premier spectacle en solo, passe au vitriol les tabous et le politiquement correct.

Deux guest-stars incontournables

Après le Mont-Dore, l’artiste présentera un autre spectacle au Théâtre de poche à Nouméa, Ta vie sera plus moche que la mienne. Dans cette parodie trash de spectacle pour enfants, Didier Super, à la guitare, tire sur tout ce qui bouge et en particulier le chômage, le racisme ou encore la pauvreté, au travers d’une quinzaine de personnages.

Tout aussi subversif, Arnaud Aymard, qui a fait ses armes dans le spectacle de rue, opère dans un style légèrement différent. « C’est un mélange des Monthy Python et de Pierre Richard, résume Sylvain Lorgnier, le directeur de la compagnie des Argonautes du Pacifique qui organise l’événement. Lui aussi est très engagé socialement, mais il est plus dans l’absurde, l’enfantin. Et il réussit tout aussi bien à nous embarquer dans ses histoires ».

Arnaud Aymard présentera lui aussi deux spectacles. Sur les planches du Mont-Dore ce week-end, l’humoriste interprétera L’Oiseau bleu, un personnage qui se bat seul face à un monde cruel totalement absurde et les fléaux qui le tourmentent. Dans son deuxième spectacle, Perceval soleil noir, créé en 2004, Arnaud Aymard dresse le portrait du monde du soleil noir sur lequel règne le roi Semeur, un monde où tout n’est que ténèbres.

Se moquer de tout et de soi-même

Les Calédoniens découvriront pour la première fois Perceval, mais auront l’occasion de redécouvrir L’Oiseau bleu qu’Arnaud Aymard  a déjà présenté sur le Territoire il y a deux ans. Et le fait que les deux artistes soient déjà venus n’est pas le fruit du hasard. C’est parce qu’ils aiment le pays et qu’ils soutiennent cette fête que les deux humoristes engagés ont accepté de revenir.

À l’instar de tous les autres événements culturels, les subventions ont été rabotées sans ménagement et, pour éviter d’augmenter le prix des places, les artistes seront payés grâce aux entrées des spectateurs et notamment celles de la grande salle – une première pour la Fête des fous à lier – du Mont-Dore.

Cette édition ne sera donc pas marquée du sceau de la fioriture, même si la fête devrait réserver quelques petites surprises. Plutôt que des à-côtés pour le public, les organisateurs ont privilégié la formation des artistes locaux. « C’était important que les artistes invités bossent avec les artistes locaux sur cette édition, souligne Sylvain Lorgnier qui a prévu quatre demi-journées de travail de création. Le but n’est pas forcément d’aboutir à un résultat mais d’échanger, de permettre aux artistes locaux de créer autre chose, de trouver d’autres formes. »

Des formes qui font du bien et c’est d’ailleurs le but premier des Artgonautes  en proposant des spectacles de qualité et pas cher. Malgré la baisse des subventions, les places restent à 2 000 francs pour un spectacle et 3 500 francs pour les deux. Une manière de permettre au plus grand nombre de venir « se marrer tous ensemble. Se marrer d’eux mais aussi de nous, résume l’organisateur. On sent de plus en plus le poids du système et le but de tout ça est d’en rire, de danser dessus. C’est la force de ce genre d’artiste qui parle de tout ça en jouant le rôle du fou du roi et nous donne le recul suffisant pour en rire. »  

M.D.

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Centre Culturel du Mont-Dore : 

Didier Super : Concerts sans paroles : 26 et 27 février à 19 h.

Arnaud Aymard : L’Oiseau Bleu : 26 et 27 février à 20 h 30.

Reservations : 41 90 90 ou Etickets.nc

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 Une virée dans le Nord

Permettre aux populations du Nord de découvrir les deux artistes était particulièrement important pour les organisateurs de l’événement. La fête prendra donc la direction de la Brousse, le 23 mars à la médiathèque de Poindimié, le 24 mars à l’Espace culturel de Koumac et le 25 mars au Complexe culturel de Koné. Ce déplacement en partenariat avec l’Afmi (Association de formation des musiciens intervenants) permettra par ailleurs de découvrir une création des artistes en duo, conçue spécialement pour l’occasion. Les deux hommes ont eu carte blanche… Le pire est à craindre.

 Le 8 mars, Journée internationale des droits de la femme

Le 8 mars marque le premier jour des festivités sur Nouméa, mais est aussi la date de la Journée internationale des droits de la femme. Avec Didier Super, elles risquent d’être rhabillée pour l’hiver… Parmi la foultitude des cibles de son nouveau spectacle, les femmes ne sont pas en reste. Les organisateurs promettent une journée pleine de surprises au Centre d’art.

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