Les experts de l’urologie à Nouméa

Discipline méconnue, l’urologie était dans tous les esprits cette semaine. En partenariat avec la Cafat, la clinique île Nou-Magnin organisait, lundi 19 et vendredi 23 octobre, les journées de l’urologie. L’occasion de faire venir les plus grands spécialistes métropolitains mais aussi australiens, néo-zélandais et polynésiens et d’échanger sur les dernières avancées médicales. Les journées sont aussi l’occasion de se pencher sur le cancer de la prostate, premier cancer masculin, et sur la greffe des reins.

Rassembler autant de grands spécialistes, quelle que soit la discipline, n’est pas si fréquent. En partenariat avec la Cafat, la clinique île Nou-Magnin organisait, le lundi 19 et le vendredi 23 octobre, les journées de l’urologie. Un rendez-vous rare qui a eu lieu la dernière fois il y a plus de dix ans. L’objectif de ces journées est de permettre l’amélioration de la prise en charge des pathologies traitées par cette discipline, un peu méconnue du grand public mais qui touche un grand nombre de personnes.
L’urologie couvre des maladies telles que le cancer de la prostate, premier cancer chez l’homme, mais aussi les calculs rénaux et la greffe des reins. Tous ces thèmes et bien d’autres ont été passés en revue par les spécialistes durant ces deux journées qui s’adressaient aux professionnels et en particulier aux médecins généralistes. Le cancer de la prostate a tout particulièrement occupé les échanges, notamment la question du dépistage. Après d’importantes polémiques, le message est moins bien passé au point que le dépistage rencontre des difficultés ou n’est tout simplement plus pratiqué par certains médecins.

26 % des cancers masculins

Le cancer de la prostate est, à l’instar du cancer du sein chez la femme, le premier cancer chez l’homme avec 120 nouveaux cas chaque année, il représente 26 % de l’ensemble des cancers. Une proportion importante pourtant légèrement plus faible qu’en métropole mais qui devrait s’en rapprocher avec l’évolution de la pyramide des âges vers un vieillissement de la population.

L’objectif des urologues à l’origine de la journée est tout d’abord de réaffirmer l’importance du dépistage – pour les populations à risque, en particulier les hommes âgés de 50 à 75 ans
– et du suivi afin de proposer aux patients le traitement le mieux adapté. « Dépister n’est pas traiter, souligne Jean-François Biset, un des trois urologues de la clinique île Nou-Magnin. Près de 20 % des diagnostics ne sont pas traités, on surveille simplement. »

La prise en charge a beaucoup évolué, en particulier les traitements qui sont différents en fonction de la maladie, de son évolution et des maladies associées. L’importance de la maladie se traduit par un coût relativement important pour la collectivité. Un coût qui peut atteindre 500 000 à 600 000 francs par mois et par patient pour certaines molécules, d’où l’importance pour les praticiens de se former à l’ensemble des thérapeutiques. D’autant que le cancer de la prostate évolue généralement assez lentement et que la surveillance est parfois la seule chose à faire.

Sensibiliser les donneurs potentiels

L’autre grand thème de ces journées, la greffe du rein, a trouvé un écho particulier dans le calendrier avec la journée du don d’organes et de la greffe qui s’est déroulée le 17 octobre 2015. Depuis maintenant deux ans, les médecins calédoniens prélèvent les reins, sur des donneurs décédés ou vivants afin qu’ils puissent être greffés soit en métropole, soit en Australie.

Si l’accidentologie calédonienne importante fournit tristement de nombreux organes chaque année, le sujet reste encore parfois tabou. Un manque de sensibilisation conduit parfois à des refus. Si la greffe de rein ne sauve pas une vie, comme le précisent les urologues, elle change radicalement la vie des patients qui en bénéficient. De la même manière, les donneurs vivants sont relativement peu nombreux. Chaque année, les urologues pratiquent de deux à trois interventions. L’enjeu est de taille puisque près de 400 personnes sont dialysées, c’est-à-dire qu’une machine filtre leur sang à la place des reins, une technique efficace qui nécessite cependant d’être répétée trois fois par semaine pendant quatre heures. Pour ces malades, la greffe reste la seule alternative.

Texte et photo M.D 

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Le don post mortem

Le don post mortem concerne uniquement les reins. La raison est en fait liée à l’éloignement de la Nouvelle-Calédonie des pays où sont pratiquées les greffes, en Australie ou en Nouvelle-Zélande pour le rein et en métropole pour la moelle osseuse (uniquement de donneurs vivants). Le rein est un organe qui peut se conserver dans la glace, contrairement à la plupart des autres qui ne pourraient pas supporter la durée du transport. Mais que l’on soit donneur post mortem ou donneur vivant, il faut le faire savoir. On peut réaliser une carte de donneur, qui n’a aucune valeur légale, mais pourra donner une idée de la position du donneur potentiel. Carte ou non, les équipes médicales devront recueillir le témoignage des proches. Les dons de personnes vivantes sont encadrés par un comité d’experts, chargés, entre autres, de s’assurer que le donneur comme le receveur sont parfaitement informés des conséquences du don et de la greffe. Il existe un site Internet, www.dondorganes.nc qui donne toutes les informations utiles.

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