Les entreprises somment l’État d’agir

Les organisations professionnelles ont alerté le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, le 4 juillet. « L’État ne semble pas ‒ ou ne veut pas ‒ prendre conscience de la gravissime situation dans laquelle nous sommes », écrivent-elles dans un courrier.

Avec la première phase du plan de solidarité, l’étude sur la deuxième qui ne semble pas avancer et les aides aux banques pour refinancer la reconstruction, le ministre « ne propose pas les bons remèdes ». Mais avant tout, il est indispensable que les destructions cessent et que l’ordre public revienne. Et il faut, non pas des prêts pour les entreprises, mais « une indemnisation directe des charges fixes à toute une économie à l’arrêt » (entreprises détruites ou subissant une perte d’activité). Le danger est que l’économie s’effondre « entraînant avec elle le secteur public […] qu’elle participe très largement à financer ».

Pour le Medef-NC, qui s’est exprimé le même jour, la proposition d’accompagnement pour la reconstruction reste effectivement « inaudible ». L’État doit d’abord restaurer la confiance et renforcer son intervention. « La pudeur de posture a atteint ses limites. »

Dans leur courrier au ministre, les organisations sectorielles tablent sur 20 000 chômeurs à la fin du mois, soit un tiers du secteur privé, et évoquent des dégâts directs de l’ordre de 180 milliards de francs, soit 1,5 milliard d’euros, sans compter toutes les pertes d’exploitation et dégâts indirects. « Ces montants de dégâts provoqués par des actions terroristes ne pourront être assumés par les assurances seules. »