Les chevaux ne perdent pas le Nord à Boulouparis

Pour la troisième année, le Comité des courses hippiques du Nord organisait sa réunion le week-end dernier. Le public et les participants ont répondu à l’appel pour faire de ce rendez-vous le signe du renouveau du hippisme du côté de Koné.

C’est une habitude. Chaque réunion voit son lot de chapeaux style Stetson, de bottes et de chemises à carreaux. Le cheval, en Calédonie, est ancré dans la culture broussarde, avec des inspirations australienne. Mais samedi dernier, du côté de l’hippodrome de Boulouparis, des robes popinées sont venues donner une touche un peu différente. Il faut dire que cette réunion avait une place à part. C’est la seule de l’année organisée par le Comité des courses hippiques du Nord et ce dernier fait en sorte de donner une couleur particulière à l’événement avec, par exemple, la mise en place d’un grand marché de produits locaux. Mais le point d’orgue, reste bien sûr le Grand Prix de la province Nord. Classique C1 et ses 2 400 mètres.

Revenue à Sweet’As cette année, il s’agit de la course la plus longue de la saison. Et l’une des mieux dotées avec 3,5 millions de francs de prize money. Une course qui aura fait  vibrer tout l’hippodrome et notamment, José Caunes. Grande barbe blanche, impeccable chemise et chapeau vissé sur la tête, il est le président du Comité hippique du Nord. «Quand on a créé la course il y a trois ans, on a voulu en faire une course longue, car il n’y en avait pas vraiment à cette époque de l’année, se souvient-il. Et puis on a aussi décidé qu’elle serait réservée aux montures nées et élevées sur le territoire, pour mettre en avant l’élevage local. » En trois ans d’existence, le rendez-vous fait désormais partie des incontournables, avec les meilleurs chevaux au départ.

Loin de ses bases

Mais le hippisme du Nord compte bien grandir. Car pour l’instant, c’est loin de ses bases que se déroule la fête. « Le positif, c’est qu’ici, à Boulouparis, on est très proche de Nouméa, se satisfait José Caunes. Alors les familles du Nord peuvent retrouver leurs proches du Sud. » Mais si pour l’instant, on s’accommode de la situation, le rêve d’un retour des courses dans le Nord est bien vivant. « Avant, il y avait des hippodrome partout, se rappelle Charles Devillers, propriétaire de chevaux du côté de Kaala-Gomen. À Pouembout, Koumac, Voh… » Il y a une trentaine d’années. L’époque était bien différente. « Avant tu avais un cheval, dans un champ et nourri au maïs. Ça suffisait pour en faire un galopeur, sourit José Caunes. Mais aujourd’hui, tout est bien plus professionnel et les coûts ont augmenté. »

Nombreux soutiens

Reste que le Comité hippique du Nord semble avoir du soutien. En témoigne, les partenaires qui ont mis la main à la poche pour arriver aux neuf millions de francs nécessaires à l’organisation de la réunion de samedi. Et leurs noms fleurissent dans les intitulés des courses : province Nord, mairies de Gomen, Poya et Pouembout, pour ce qui est du public, des « généreux donateurs » de Voh, KNS ou la station Mobil de Koné, pour ce qui est du privé. Et même le monde politique est à pied d’œuvre. « Le développement du hippisme est porté par tout le monde », promet Alcide Ponga, maire de Kouaoua, présent samedi en tant que président de la commission sportive provinciale. Parmi les projets dans les tuyaux, encore lointains, la création d’un hippodrome du côté de Pouembout. Le prochain galop vers un retour de la grandeur du Nord.

A.B.

©A.B.-DNC 

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