« Les Calédoniens aiment le côté physique du basket 3 contre 3 »

Le premier championnat territorial a réuni 14 équipes, le 13 novembre. La ligue constate un fort potentiel dans cette nouvelle discipline olympique, qui réclame une excellente condition physique et un goût prononcé pour le contact.

Les finales du premier championnat de Nouvelle-Calédonie de basket « trois-trois » ont eu lieu… sur un parking de supermarché. Surprenant ? C’est le but. C’est même une stratégie pour développer la discipline au niveau international. La recette est appliquée localement grâce à un tout nouveau terrain transportable, sorte de puzzle géant assemblé en moins de trois heures.

Un cadeau de la Fédération française de basket, qui investit depuis plusieurs années dans ce sport qui deviendra olympique à l’occasion des Jeux de Paris 2024. « On choisit volontairement de jouer en dehors des salles de sport. On veut que nos événements soit visibles, ouverts, pour assurer la promotion du basket », explique Brigitte Delaveuve.

La responsable du basket 3×3 au sein de la ligue est ravie de voir que 200 licenciés ont participé aux premières compétitions. Le réservoir est encore grand, puisque 1 500 personnes pratiquent en club le basket classique, à 5 par équipe et sur grand terrain. « La mayonnaise prend ! Les Calédoniens aiment le côté physique du basket 3×3 », constate-t-elle.

« ON NE COUPE PAS LE JEU TOUTES LES CINQ MINUTES »

Avec seulement 12 secondes pour tirer, contre 24 habituellement, les règles du 3×3 conduisent les joueurs à défier plus rapidement leur adversaire, à se ruer vers le cercle. « Ce que j’aime, c’est l’intensité. C’est attaque-défense sans arrêt, on ne coupe pas le jeu toutes les cinq minutes. Je trouve ça très intéressant », explique Joan Delaunay-Belleville, meneur de la sélection calédonienne de basket 5×5 lors de la Melanesian Cup, remportée par les Cagous à Fidji, fin octobre. Mais le basket classique a ses qualités… « La dimension tactique est beaucoup plus présente. C’est vraiment deux plaisirs différents. »

À son grand regret, il faudra pourtant faire un choix avant les Jeux du Pacifique 2023, où les joueurs ne seront pas autorisés à « doubler ». « J’aurai 28 ans. Dans quatre ans, je serai peut-être moins en forme. Si je suis ce raisonnement, je choisis le 3×3… »

LES FEMMES CIBLÉES PAR LA LIGUE

La dimension physique est d’autant plus importante que les arbitres ont pour consigne d’être particulièrement tolérants. « Il y a du contact. Il faut vraiment aimer jouer physiquement, insiste Adeline Souqué, membre de la sélection calédonienne. J’adhère totalement à ce format de jeu, parce qu’il impose aussi une certaine polyvalence. Chacun doit savoir dribbler, shooter, aller au rebond… » Parfait pour Adeline, capable de jouer meneuse, ailière et intérieure sous les couleurs de l’AS 6e km, qui préfère désormais le 3×3.

Son attitude fera plaisir à la ligue, qui redouble d’efforts pour attirer les femmes, globalement moins nombreuses dans les effectifs. « Quand un club ne peut pas inscrire son équipe en 5×5, il peut parfois le faire en 3×3. Donc on multiplie les initiatives. On organise notamment des tournois ouverts aux non-licenciés, explique Brigitte Delaveuve, qui a d’autres ambitions pour l’année prochaine. On espère organiser un tournoi international, inviter nos voisins proches. Et s’inscrire à un tournoi en France, où on enverrait les prochains champions de Nouvelle-Calédonie. » 

Gilles Caprais

Photo : Avant ces finales au Dumbéa Mall, remportées le 13 novembre par l’AS 6e chez les filles et par l’AS Dumbéa chez les garçons, la ligue avait organisé un événement sur la place de la Marne. / © G.C.

Soana Lucet, le modèle
La globetrotteuse calédonienne a joué à plusieurs reprises sous les couleurs de l’équipe de France de basket 3×3, participant notamment à la qualification pour les Jeux de Tokyo, début 2021. « C’est notre référente, on la sollicite, on s’appuie sur elle », indique Brigitte Delaveuve.
Car Soana Lucet est convaincue que la discipline « a tout pour décoller ». « Les qualités pour être un bon joueur de 3×3 sont celles des Calédoniens, on est des forces de la nature ! »
Elle voit également le fait de jouer en extérieur comme un atout. « C’est une ambiance familiale, décontractée… Ca va plaire aux gens, c’est sûr. » À ceux qui voudraient jouer à haut niveau et devenir professionnels, elle conseille de ne pas se spécialiser pour autant. « Pour l’instant, il n’y a que dans le basket à 5 que l’on peut en vivre, surtout chez les femmes. »
G.C

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