Les ambitions internationales du Syndicat du chanvre

Pour le CBD, le Syndicat recommande que les produits fassent l'objet d'une distribution spécialisée et encadrée dès la phase d'importation.

Constitué en 2022, le Syndicat du chanvre de Nouvelle-Calédonie souhaite mettre en place un « secteur florissant et prospère » en insufflant une nouvelle culture autour du chanvre et de ses usages. Il vise l’exportation de cannabinoïdes à l’international.

Pour le président du Syndicat du chanvre, c’est évident. Il y a une réelle opportunité à devenir exportateur net « d’une ressource renouvelable ». Son but ? « Être exportateur de cannabinoïdes. C’est ça qu’on aura facilité à valoriser », assure Frédéric Gérard.

L’organisation ne cible pas le marché local. Elle souhaite développer une filière reconnue en dehors des frontières. Mais le chemin paraît encore long. Il faut d’abord transférer le cadre européen. « On demande l’application pure et simple de la législation européenne au territoire. Il y a un cadre qui fixe les règles, on leur propose un système plus verrouillé avec une licence », explique Frédéric Gérard.

En Métropole, le producteur de chanvre se déclare en préfecture. Sa production est légale s’il produit un certificat d’analyse de prélèvements effectués deux semaines après le début de la floraison, certifiant un taux de THC inférieur à 0,3 %. Le Syndicat imagine un fonctionnement équivalent ici.

Une fois la licence obtenue, le producteur collaborerait avec les autorités afin de maintenir la légalité de ses productions. Celle-ci serait établie par le lot de semences certifiées légales déclaré et le certificat d’analyse obligatoire pour tout transfert de propriété. Ce système de licence serait applicable à tous les niveaux : producteur, transformateur et distributeur. L’attribution de licences permettrait de fixer un cadre de production et de contrôle. « Nous voulons qu’il y ait des étapes bien précises et qu’il faille se déclarer à chacune d’elles ».

« ENTAMER DES DIALOGUES »

Selon Frédéric Gérard, la filière chanvre aurait toutes ses chances en Nouvelle-Calédonie. Des collectivités seraient déjà intéressées par des projets. « Elles attendent un arrêté du gouvernement et la sortie du CBD de la liste des stupéfiants. » Mettre sur pied un syndicat a permis à certains anciens membres de l’association des chanvriers « d’entamer des dialogues ». Plus ou moins constructifs.

Ils ont présenté un projet thérapeutique fin 2022 lors du troisième Programme d’investissement d’avenir (PIA 3). L’État, le gouvernement et la Banque publique d’investissement avaient lancé deux appels à projets pour accompagner des entreprises locales. « Le nôtre a été refusé faute de légalité », indique Frédéric Gérard.

En juin 2022, la biennale de la construction leur a ouvert les portes du gouvernement. « Il est ressorti que notre proposition avait un grand intérêt pour le bâtiment. » Le syndicat reste persuadé qu’une véritable filière du chanvre pourrait servir à de nombreux autres secteurs.

E.B.

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