L’environnement à Nouméa … Du mieux mais…

Les villes ont un fort impact sur notre environnement et Nouméa ne fait pas exception à la règle. L’an dernier, plusieurs actions ont cependant été mises en place pour limiter l’impact humain sur la nature. Certaines portent déjà leurs fruits mais il reste encore quelques points noirs.

  • Ça s’est amélioré

Les déchets, stars de l’année

2015 aura été l’année du tri des déchets à Nouméa. L’objectif de la mairie est de diminuer de 20 % le poids de nos poubelles et toutes les solutions sont envisagées.

En avril, une opération pilote de trois mois a été menée auprès de 70 foyers témoins, suivis et formés pour faire baisser le poids de leurs poubelles. Certains ont expérimenté le composteur à domicile, d’autres, les poules ! Une opération insolite mais utile puisqu’elle permet d’identifier les pistes les plus efficaces pour diminuer la quantité de déchet.

L’opération « Zéro sac plastique » initiée en décembre, à l’occasion de la Semaine européenne de réduction des déchets au marché municipal a obtenu un succès indiscutable. Mille cabas, destinés à remplacer les fameux sacs plastiques, qui mettent 400 ans à se dégrader, ont été distribués. Et il n’y en avait même pas assez, c’est dire si l’attente est grande.

En fin d’année, les 32 points d’apport volontaire ont été équipés d’une benne supplémentaire pour accueillir le verre. Transformé en granules ou en sable par l’entreprise Recy’verre, il peut être utilisé pour la décoration, le jardinage (c’est un excellent drainant pour les plantes) ou les travaux publics (le sable intervient dans la composition des revêtements routiers).

Pour la deuxième année consécutive, la commune a mis en place des formations gratuites pour apprendre les bases du compostage. Une technique qui se développe de plus en plus en centre-ville.

Des poubelles pour les déjections canines

Près de 50 000 chiens vivent à Nouméa, soit près d’un chien pour deux Nouméens. Pour éviter de faire subir à ses concitoyens les désagréments des excréments de nos animaux, la ville a décidé d’installer dix nouvelles poubelles spéciales pourvues de distributeurs de sacs. Cinq bornes sont déjà disponibles à la promenade Pierre Vernier, à la Baie de l’Orphelinat et au Ouen Toro en plus des deux déjà installées au Parc du Receiving. Cinq autres seront installées courant 2016.

  • C’est mieux mais pas top

Les eaux de baignade 

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Après chaque épisode pluvieux comme cette semaine, c’est le même scénario : pollution des plages et particulièrement celles de Magenta et de la Baie-des-Citrons. Les eaux de pluie, en ruisselant dans les caniveaux, se chargent de micro-organismes avant de se jeter tels quels à la mer. Par ailleurs, les eaux usées provenant des bars, restaurants et habitations étouffent le réseau d’assainissement, sous-dimenssionné. Cela fait le bonheur des Escherichia coli et autres entérocoques présents dans les matières fécales
et donc dans l’eau de mer à certains moments.
En résumé, si vous vous y baignez, vous risquez une gastro-entérite ou une infection. Depuis décembre 2014, la Dass NC procède à l’analyse des eaux de baignade sur la commune de Nouméa mais la réglementation ne prévoit qu’un contrôle mensuel pendant la période dite de baignade.

Depuis le 4 janvier, la commune a donc renforcé le dispositif en procédant à ses propres analyses sur les plages les plus fréquentées : Magenta, Anse- Vata et Baie-des-Citrons (lundi et jeudi). Un prélèvement par semaine au Kuendu Beach (jeudi), à la pointe Magnin et à la promenade Vernier (lundi). Les résultats sont affichés à l’Hôtel de Ville et sur le site Internet de la DASS ainsi que sur dix panneaux répartis sur six plages et zones d’activités. À défaut de pouvoir limiter la pollution, la commune a renforcé la sensibilisation.

  • Ça reste préoccupant

Les mangroves

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Depuis la mise en route de la nouvelle station d’épuration à Sainte-Marie, les incidents de pollution se succèdent dans la mangrove située juste en face. Lundi, vers 15 heures, Monique Lorfanfant, présidente de SOS Mangroves NC, a une nouvelle fois été appelée par les riverains impuissants face au déferlement d’une épaisse boue rouge au pied des palétuviers. « C’est la troisième pollution en un an. À chaque fois, je contacte la Calédonienne des eaux et la province Sud, tout le monde constate que c’est problématique mais rien ne change. Cette fois, ce doit être une pollution chimique car les poissons meurent rapidement », témoigne Monique Lorfanfant, découragée.

Dans la nuit du 28 au 29 décembre dernier, des matières fécales et une suspecte mousse brune s’étaient déjà étalées sur l’eau après un incident sur la station d’épuration. Les poissons, au bord de l’asphyxie, s’en étaient toutefois sortis. À Rivière-Salée, la mangrove ne va guère mieux puisqu’elle récupère toutes les eaux usées en provenance du cimetière. Les buses, qui ne sont pas protégées par des grilles, laissent passer toutes sortes de déchets, même les plus imposants. L’association SOS Mangroves a même identifié des traces de formol, un produit hautement toxique pour l’environnement. Une vingtaine de palétuviers sont déjà morts.

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Que pensez-vous de la prise en compte de l’environnement
à Nouméa ?

Fabienne Bourdeau, responsable de l’antenne Sud au Centre d’initiation à l’environnement (CIE)

« Un gros effort sur la réduction des déchets »

« La mairie de Nouméa a fait un gros effort pour permettre la réduction des déchets. Le CIE a assuré la majorité des formations organisées à l’initiative de la commune pour apprendre le compostage, soit neuf sessions avec 132 personnes à l’occasion de la Semaine de la réduction des déchets en fin d’année dernière. Il y a également des efforts réalisés en matière de recyclage avec, notamment, des ateliers de fabrication de meubles en bois. En ce qui concerne le CIE, nous continuons les chantiers de préservation du sentier sous-marin de l’île aux Canards avec plus de 168 perméances en 2015. Si le corail est encore préservé, nous avons tout de même quelques inquiétudes lors des hausses de fréquentation à l’arrivée des croisiéristes. »

Martine Cornaille, présidente d’Ensemble pour la planète (EPLP)

« J’ai le sentiment que l’on nous entend davantage »

« Auparavant, nous étions dans un déni total. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que l’on nous entend davantage. C’est notamment le cas des eaux de baignade. L’équipe municipale précédente remettait systématiquement en cause les résultats de nos analyses indépendantes. Aujourd’hui, ces mesures sont prises en compte, les solutions apportées ne vont pas toujours assez loin selon nous, mais l’effort est là. D’un point de vue de l’urbanisation, nous pensons que le projet de transport en commun en site propre va dans le bon sens. On ne peut pas demander aux Calédoniens d’arrêter de polluer avec leur 4×4 si on ne leur propose aucune autre solution pour se déplacer. En revanche, nous ne sommes pas du tout satisfaits du projet d’aménagement du quai Ferry, qui fait la part belle aux voitures. Selon nous, les voitures doivent rester en dehors de la ville. Concernant l’assainissement, nous avons demandé à la mairie de Nouméa d’exiger davantage de la Calédonienne des eaux. Nous aimerions des objectifs chiffrés pour une meilleure efficacité de leur prestation. Nous attendons une réponse. Enfin, j’aimerais parler de l’opération de distribution de cabas au marché municipal : ce n’est pas notre tasse de thé ! Les cabas municipaux vont vite être oubliés. EPLP aimerait distribuer des filets en coton bio, lavables et inusables ou presque. Et ceux-là, on les laisse au fond du sac et on les ressort quand on en a besoin ! »

V.G.

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