L’économie plonge au premier trimestre

L’IEOM vient de publier sa note de conjoncture pour le premier trimestre. Elle montre une véritable plongée que les experts imputent à la crise liée à la Covid-19. Si la Calédonie a mieux résisté que la plupart des autres territoires français, les effets se feront néanmoins sentir sur une période potentiellement longue.

La crise sanitaire n’est de loin pas terminée, mais l’heure des comptes économiques va bientôt commencer. Le contenu de la note de conjoncture de l’Institut d’émission d’outre- mer pour le premier trimestre 2020 est une demi-surprise. Les conséquences économiques et sociales de la pandémie mondiale vont être catastrophiques et d’une ampleur encore difficile à évaluer, c’est désormais acquis. La note de l’IEOM donne toutefois une idée un peu plus précise sur la question.

D’un point de vue purement comptable, la crise a « coûté » près de 3,6 % au produit intérieur brut (PIB) sur l’année. Mais, comme le souligne les experts, à ces conséquences directes du confinement sur le PIB, il conviendra d’ajouter les effets induits à plus long terme. Ces dernières seront toutefois amorties par les différents dispositifs mis en place par les collectivités et le poids de la fonction publique qui a permis de maintenir une distribution de salaires en dépit de l’absence d’activité et donc de favoriser la reprise.

Reprise de la consommation ?

En la matière, le nombre de billets apportés à l’IEOM par les commerçants a chuté de manière drastique, dès le début du confinement. En temps ordinaire, il avoisine les 140 000. Dès la fin du mois du mars, ce nombre est tombé et a atteint son niveau le plus bas aux alentours du 10 avril avec 60 000 billets. S’il va falloir regarder à plus long terme, les versements semblent ne pas avoir tout à fait retrouvé leur niveau d’avant confinement. La consommation a donc repris des couleurs, mais à un niveau qui pourrait être inférieur.

Comme le souligne l’IEOM, les quelques éléments positifs de 2019, notamment en matière d’emploi, ont été littéralement balayés. Il faut donc s’attendre à une forte progression du chômage, fruit des licenciements liés au confinement ou aux conséquences, à plus long terme, pour certains secteurs. Ce sera le cas du tourisme ainsi que du BTP, victimes des perspectives quasi-nulles pour les déplacements internationaux cette année et de la tension sur les finances publiques.

Pour tenter de contenir l’hécatombe, le gouvernement a annoncé une hausse de son budget de 43,28 milliards de francs après avoir recentré les budgets de ses directions ainsi que des établissements publics. Le prêt consenti par l’Agence française de développement et garanti par l’État y contribue à hauteur de 28,5 milliards de francs. Un prêt qui vient plomber le budget du territoire dont la dette explose littéralement.

Sombres perspectives

En dehors du nickel dont l’évolution reste incertaine et qui est intimement liée à l’activité chinoise, les perspectives sont plutôt sombres. Comme le souligne l’IEOM, après avoir retrouvé des couleurs, l’ICA, l’indice du climat des affaires, qui mesure le niveau de confiance des chefs d’entreprise, a replongé pour atteindre un niveau encore plus bas qu’en début 2016 et fin 2018, déjà à des niveaux historiquement faibles. L’ICA perd ainsi 17 %, ce qui est considérable. Une chute qui s’explique autant par la situation passée que par celles à venir.

Le plus inquiétant reste les perspectives d’investissement des chefs d’entreprise qui représentent le facteur le plus négatif. C’est pourtant l’investissement qui parvenait encore à tirer un peu de croissance ces dernières années, la consommation s’étant peu à peu érodée. Les conséquences sociales de la crise du Covid-19 ne devrait pas jouer en faveur d’une reprise forte de la consommation, le principal pilier de la croissance, et ce, malgré les appels de la classe politique. Aussi volontariste et généreux soit-il, le dispositif de chômage engendre une perte de revenus pour les bénéficiaires, sans parler des personnes qui ont tout simplement perdu leur emploi.

La note de l’IEOM est consultable dans son intégralité sur www.ieom.fr/nouvelle-caledonie/

M.D.

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