Le Théâtre de l’Île dévoile son programme

L’établissement aurait aimé produire une saison explosive pour son 20e anniversaire. Malheureusement, la programmation reste contrainte compte tenu de la baisse continue des subventions. Il y aura néanmoins de très belles choses. Le Théâtre compte sur la fidélité des Calédoniens cette année encore.

Le 28 septembre 2000, Jacques Lafleur, Jean-Lèques et Anne Loste inauguraient le Théâtre de l’Île. Leur « soutien infaillible » pour ce lieu de spectacle et d’esprit, « sans interventionnisme », a été salué mardi soir, lors de la présentation de la saison 2020. Cette saison, a regretté Dominique Clément- Larosière, directeur et programmateur, est « moins costaude » que ce qu’elle aurait dû être en cette année anniversaire. Les subventions ont encore « dramatiquement baissé » et cette absence de soutien pose un « véritable problème ».

Avec 135 millions de francs de chiffre d’affaires, 50 millions de recettes, plus de 23 500 spectateurs et un taux de remplissage à 84 % en 2019, l’établissement s’en sort, ce qui n’est pas le cas de toutes les structures, mais il doit chaque année réduire la voilure. En 2020, il accueillera neuf spectacles extérieurs et deux productions locales de Dominique Jean et Alain Mardel. Plus que jamais, les Calédoniens sont invités à se déplacer à Nouville pour se faire plaisir et soutenir le Théâtre dont l’action, on le sait, bénéficie également aux scolaires avec plus de 5 000 visites par an.

Pour tous les goûts

Cette fois encore, le Théâtre propose un savant mélange de pièces modernes, classiques, de théâtre, de chanson et d’humour.
La saison débutera, à la fin du mois, avec Ensemble de Fabio Marra avec Catherine Arditi (La sœur de Pierre) en maman d’un garçon déficient mental qu’elle refuse de placer. À voir également au mois d’avril, la production de Marc Citti, Les vies de Swann, une pépite drôle et cocasse avec notamment Élise Narnicol, Arnaud Dupont et Marc Citti. Swann est doté d’un pouvoir extraordinaire, il peut se projeter dans l’avenir et exposer son père aux grandes étapes de sa future vie !

Les vies de Swann ©Karine Letellier 

Nous verrons par ailleurs, au mois d’août, Les filles aux mains jaunes de Michel Bellier, une pièce résolument féministe qui nous plonge aux côtés de quatre ouvrières dans une usine d’armement au XXe siècle. En l’absence des hommes, elles vont devoir faire face et vont surtout développer leurs propres opinions… Il sera aussi intéressant de suivre Léa Girardet et son spectacle Le syndrome du banc de touche. Une pièce sur la persévérance avec un parallèle entre les comédiens en mal de travail et les footballeurs des bancs de touche de la Coupe du monde 98. Du côté des œuvres plus classiques, nous aurons notamment, en ce début d’année, Un cœur simple de Gustave Flaubert par la compagnie Les Larrons, une œuvre sur l’humilité et cette incapacité à tricher.

Deux spectacles par des humoristes à succès sont programmés : le one-woman-show de La Bajon, Vous couperez, et le one-man-show de Jérémy Ferrari, Anesthésie générale. Enfin, le public, notamment le plus jeune, sera ravi d’accueillir Aldebert avec Enfantillages 3, qui s’impose comme le spectacle familial de référence.

Deux créations locales

Dominique Jean présentera cette année La folle journée ou le mariage de Figaro de Beaumarchais, chef d’œuvre du théâtre français. Dans ce drame bourgeois, Figaro se bat chaque jour pour rester gai et positif, pour éloigner le tragique que sa condition lui impose. Cette œuvre, qui est aussi très comique, dénonce les privilèges archaïques de l’aristocratie. Et c’est en ce sens, nous dit Dominique Jean, qu’elle raisonne avec notre actualité. « Il y a du Gilet jaune dans cette pièce, du Me Too aussi ».

Alain Mardel, de son côté, a choisi de mettre en scène 12 hommes en colère, merveille du dramaturge Américain Reginald Rose, adapté au cinéma par Sydney Lumet.

Fasciné depuis son plus jeune âge par les assises, les affaires criminelles, le metteur en scène s’était juré de monter cette pièce. Voilà qu’il s’y attelle. Dans 12 hommes en colère, un garçon de 15 ans est accusé d’avoir tué son père. La peine de mort l’attend. Pourtant parmi les 12 jurés, un doute, non pas parce qu’il le pense innocent, mais parce qu’il estime qu’on ne peut envoyer quelqu’un sur la chaise électrique sans en discuter davantage… Il va revisiter le procès étape par étape pour ébranler les certitudes des onze qui finissent par éprouver un doute légitime. Alain Mardel se réjouit de mettre en scène cette « aventure humaine » avec « 12 mecs sur scène », cette œuvre qui lutte contre les injustices, mais qui porte surtout ce message, qu’« avec la parole, la discussion on peut tout renverser ».


Abonnements

Les cartes Nomad sont de nouveau en vente. À 5 000 francs pour les adultes et 9 000 francs pour les couples. Elles offrent 1 000 francs de réduction par billet et un tarif réduit aux centres culturels Tjibaou, du Mont-Dore et de Dumbéa ainsi que des réductions dans les établissements partenaires. Les jeunes jusqu’à 23 ans ont un tarif réduit à 1 600 francs le spectacle.

C.M.

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