Le silence, le vrai problème

Après l’escalade, le tennis, la danse, la natation est désormais concernée par des affaires de violences sexuelles sur mineurs. La justice enquête sur deux encadrants, l’un passé par le CNC, l’autre par Dumbéa, l’Olympique et le Mont-Dore. Le procureur de la République parle d’au moins douze victimes dans l’une de ces procédures, et les plaintes pourraient encore affluer, la parole appelant parfois la parole.

Le nombre de victimes est particulièrement choquant, mais ce n’est pas tout. Les témoignages recueillis par NC La 1ère montrent que dans le petit milieu de la natation, les soupçons étaient largement partagés. La rumeur des abus sexuels courait. Elle était prise au sérieux, à tel point qu’un président de club affirme avoir sanctionné l’un des deux suspects en l’écartant de sa structure. La 1ère évoque même une plainte pour attouchements sexuels classée sans suite en 2018. Il aura fallu attendre qu’une autre jeune fille trouve le courage, début 2021, de porter plainte pour que la justice soit appelée à intervenir.

Et maintenant ? Dans les instances dirigeantes du sport, certains s’inquiètent d’une image ternie, d’une confiance perdue auprès de certains parents à cause d’affaires dont le nombre reste extrêmement limité au regard du nombre de licenciés. On aurait pu s’attendre à davantage de compassion et d’intérêt pour l’accompagnement des victimes. Et qui peut dire la taille de la partie immergée de l’iceberg ? Quel est le niveau réel des violences sexuelles sur les mineurs, dans le sport et ailleurs ? Une chose est sûre : pour les victimes comme pour la société, la parole vaudra toujours mieux que le silence.

 

G.C.

 

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