Le porte-parole de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) et président du FLNKS revient sur le territoire en un moment clé.
Entre l’arrivée, lundi 1er décembre, de la mission mandatée par le gouvernement national pour sauver l’accord de Bougival et l’examen par le Congrès une semaine plus tard du projet de loi organisant une consultation sur la mise en œuvre du texte signé dans les Yvelines, se glisse un événement politique à Ponérihouen, samedi 6 décembre : un congrès extraordinaire du FLNKS nouveau.
Ce rendez-vous en une période charnière présente au moins trois points d’attention particuliers. Ce rassemblement permettra tout d’abord d’évaluer l’envergure de la coalition indépendantiste composée désormais de sept formations politiques, après l’entrée de cinq structures, et la sortie officielle de piliers historiques en novembre, le Palika et l’UPM. En clair, où se situent maintenant les militants ? Ensuite, et pas des moindres, le président du Front, Christian Tein, libéré mi-juin à l’issue d’un an de détention en Métropole dans le cadre de l’enquête sur les émeutes de mai 2024, doit être présent ce week-end sur la côte Est. Le bureau l’a confirmé mercredi 3 décembre.
Ce retour du leader indépendantiste, toujours mis en examen, apportera sans doute à ce congrès extraordinaire des couleurs de meeting. Les dents des Loyalistes grincent. Pour leur cheffe de file, Sonia Backès, cette perspective de revoir l’ombre de Christian Tein en Nouvelle-Calédonie est, « pour ceux qui croient dans la justice, dans la France, insupportable. Parce qu’on n’a rien oublié ». Sur l’autre rive, des « propos très hostiles » ont fait bondir les membres du Front, selon Henri Juni, qui interpelle l’État pour « bannir sans délai tout comportement et toute communication dangereux susceptibles d’attiser des tensions ».
POURSUITE DU DIALOGUE
Troisième aspect, la réapparition de ce fidèle de l’Union calédonienne intervient à un moment clé sur des questions de fond pour le FLNKS : les méthodes pour faire barrage au projet d’accord de Bougival, la signature de la charte du Front mise à jour, mais aussi le choix des voies en faveur d’une poursuite du « processus de décolonisation reconnu par l’ONU » par le dialogue.
Le Conseil d’État a rejeté, mercredi 26 novembre, les recours de l’Union calédonienne contre la décision du gouvernement national de publier, au Journal officiel du 6 septembre 2025, le texte de l’accord de Bougival relatif à l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Le FLNKS reste néanmoins sur sa ligne, celle de « faire échouer le projet » signé le 12 juillet et de faire valoir l’accord de Kanaky. Au niveau national par le biais des parlementaires, mais aussi des relations internationales ou encore sur le plan institutionnel et du terrain.
Yann Mainguet

