Le rapport de la CNCDH fait réagir

La CNCDH a auditionné une vingtaine de personnes, dont des membres du Sénat coutumier, des représentants de l’État et de la justice et élus politiques. (©Archives Y.M)

Dans un avis publié le 29 janvier, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), sollicitée par le Sénat coutumier, dénonce une prise en charge « essentiellement répressive » de la période insurrectionnelle en Nouvelle-Calédonie par l’État en 2024. Elle évoque un « affaiblissement préoccupant des droits fondamentaux » touchant « en particulier la population kanak » et relève, entre autres, des différences de traitement dans les réponses judiciaires et pénitentiaires entre « émeutiers » et « voisins vigilants ».

Sur le territoire, ce rapport a fait couler beaucoup d’encre. Le groupe Les Loyalistes parle d’une « analyse biaisée, car partisane » et regrette le silence de la CNCDH sur « les habitants de Mont-Dore bloqués plus de six mois en raison des exactions commises à Saint-Louis » ou sur le blocage « par des miliciens de la CCAT, des accès au Médipôle ». La Ligue des Droits de l’Homme et du citoyen de Nouvelle-Calédonie dénonce elle aussi une analyse « biaisée et partiale », qui « oublie les vraies victimes de ces exactions ».

Elle souligne que « la population agressée et terrorisée […] a apprécié l’intervention des Forces de l’Ordre ». Elle se dit par ailleurs « sidérée de ne pas avoir été auditionnée » par la CNCDH. De son côté, le collectif pour les droits humains en Kanaky-Nouvelle-Calédonie a salué ce rapport, appelant l’État et les autorités locales à « mettre en œuvre sans délai » les recommandations émises par la CNCDH : respecter le processus de décolonisation, mettre en place des mesures pour lutter contre les discriminations et les inégalités subies par la population kanak, garantir des enquêtes indépendantes sur les agissements des forces de l’ordre, assurer la dignité des personnes détenues, le retour sur le territoire des personnes transférées et mettre fin aux mesures mises en place par la province Sud et perçues comme de la « rétorsion collective ».