Le Pulse qui risque de faire pschitt

Le gouvernement a allumé ce mardi, en sa séance hebdomadaire, le deuxième étage de sa fusée Pulse, pour plan d’urgence local de soutien à l’emploi. Après une première médiatisation en fin de semaine dernière, l’exécutif a validé le principe de son plan destiné à soutenir l’emploi dans les trois provinces. Tout n’est sans doute pas à jeter dans le plan présenté par le gouvernement, mais outre le fait qu’il est notoirement insuffisant et sans grande ambition, le Pulse lit surtout en creux.
Dix-huit mois après son installation, le gouvernement Germain, sans l’avouer, fait le constat de son échec et admet de facto qu’il a été incapable de mettre en place une politique apte à relancer l’économie.

La conséquence, prédite de longue date par des organisations patronales non inféodées à la majorité en place, c’est qu’il faut désormais et dans l’urgence intervenir pour sauver l’emploi Les chiffres fournis par des organismes indépendants, et notamment ceux de l’Institut de la statistique et des études économiques, sont accablants et les perspectives désastreuses du fait des multiples incertitudes qui pèsent sur l’avenir tant politique que fiscal de la Nouvelle-Calédonie.

Face à ce qui pourrait, pour la première fois depuis 30 ans, se traduire par une véritable crise sociale, que propose le gouvernement ? Des guichets uniques pour aider les entreprises en difficulté et pour accompagner les salariés licenciés ou une extension du dispositif de chômage partiel.
L’idée est sans doute à creuser mais elle présuppose des cessations de paiement ou des licenciements économiques. Il ne s’agit finalement pas d’une mesure qui s’attaque aux racines du mal mais à ses conséquences, à l’instar de celles mises en place par le gouvernement socialiste de Manuel Valls.
La logique est sensiblement la même quand il s‘agit de proposer aux entreprises en difficulté un étalement de leurs dettes sociales et fiscales.
Même si dans ce dernier cas, les observateurs attentifs de la vie publique notent que le gouvernement Germain n’a pas attendu la mise en œuvre de cette mesure pour exonérer la SMSP de plus de 2,5 milliards d’impôts. Prémonitoire sans doute mais totalement injustifié.

Insuffisant et sans ambition
Que dire encore des dispositions dites incitatives proposées par l’exécutif en accord avec la province Sud pour relancer l’emploi. La prime initiale à l’embauche fait figure de pis-aller en cela que les 200 000 francs ne concernent que les contrats à durée indéterminée, alors que l’avenir est évidemment à la flexibilité, surtout en période de crise économique.
Tout aussi insuffisants le 1,7 milliard consacré auBTP,alorsquelaNouvelle-Calédoniereste, à bien des égards, sous-équipée malgré 20 ans d’effort en matière d’infrastructures publiques
(routes, ouvrages d’art, barrages, etc.).

Le Pulse réactualise aussi le fameux et sulfureux PPIC (programme provincial d’insertion citoyenne), à la veille d’une année électorale, l’information mérite à elle seule d’être pointée du doigt.
On peut se féliciter en revanche de la volonté affichée par l’exécutif d’un assouplissement des règles de la commande publique qui devrait généraliser les avances pour les marchés de moins de 100 millions et accélérer les modalités de paiement. Ce n’est pour l’instant que de la théorie, reste en effet à la pesante machine administrative à valider cette mesure et à tenir les délais.
Les salariés et les entreprises attendaient pourtant beaucoup plus et beaucoup mieux. Mais après qu’une majorité d’inspiration socialisante se soit prononcée en faveur de la loi compétitivité, que pouvait-on attendre de plus.

Le gouvernement n’a pas pris la mesure de la crise, il n’apporte avec le Pulse qu’un traitement homéopathique alors que la situation exige un traitement de choc. Mais pour ce faire, il eut fallu faire confiance aux entreprises, seules véritables créatrices d’emploi et de richesse. Ce n’est manifestement ni la philosophie, ni la finalité du parti au pouvoir au gouvernement et la province Sud, pas plus que celles de ses alliés indépendantistes et des syndicats « dits » progressistes. Ce sont donc hélas, les « petits » que ces différents groupes prétendent défendre qui en pâtiront le plus, et sans attendre.

C.V. 

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