Le projet Lucy prend forme

L’important chantier du projet Lucy autour de l’usine Prony Resources se matérialise par la construction d’une usine d’assèchement des résidus, le montage d’une structure métallique de convoyage de ces résidus secs, du terrassement d’un immense talus et de trois bassins au pied du barrage KO2.

Une usine de filtration à bâtir

Le projet Lucy a pour objectif d’assécher les résidus qui sortent de l’usine. Car seulement 1,5 % de nickel est extrait du minerai récolté sur mine. Tout ce qui n’a pas de valeur ajoutée est donc « neutralisé ». Pour une tonne de minerai traité, l’industriel estime avoir 1,3 tonne de résidus. Après neutralisation, cette partie est aujourd’hui mise dans le bassin KO2, mais ce parc à résidus aura atteint sa capacité fin 2024, il est urgent de changer de procédé. Une usine de filtration va donc être construite. Elle hébergera neuf filtres-presses qui vont venir extraire l’eau des résidus. Il en sortira des gâteaux de résidus asséchés qui seront convoyés à proximité du barrage KO2, puis stockés.

Les eaux de pluie réintégrées dans le circuit

L’eau issue du procédé de filtration, le filtrat, sera renvoyée à l’unité de traitement de l’usine, déjà existante. Il sera ensuite réinjecté dans le procédé. Les zones naturelles qui accueilleront les résidus secs au pied du barrage seront également préparées. Des ouvrages hydrauliques (trois bassins) vont donc être façonnés pour recueillir les eaux d’écoulement. Cette eau sera ensuite acheminée jusqu’à l’unité de traitement avant d’être réinjectée, elle aussi, dans le procédé.

580 emplois pour la construction

Plusieurs corps de métier vont être sollicités. Le chantier consiste à effectuer des travaux de terrassement au pied du barrage KO2, installer les fondations de béton de la future usine à filtration, construire l’usine et assurer les travaux de montage de la structure de convoyage. Évidemment, ces installations requièrent la mise en place d’un réseau électrique, de tuyauterie et l’installation des instruments (filtres-presses notamment). La partie terrassement devrait s’échelonner sur 30 mois. La construction de l’usine, elle, s’achèvera fin 2023. « Le challenge, c’est que le jour où on démarre l’usine de filtration, on puisse placer nos résidus quelque part », résume Jeremy Szopa, le chef de projet. Prony Resources va essentiellement faire appel à des prestataires pour la maîtrise d’œuvre. L’industriel vise un recrutement 75 % local pour cette phase de construction. « L’allongement du calendrier nous a permis de réévaluer cette question afin d’avoir un taux d’emploi local très élevé, ce qui est assez rare dans ce genre de construction », ajoute-t-il.

180 emplois par la suite

Une fois le chantier de construction terminé, une soixantaine de personnes feront tourner l’usine 24 heures sur 24 : des opérateurs, ingénieurs et des effectifs de maintenance. Le reste du personnel (120 personnes environ) sera affecté aux travaux de terrassement, côté barrage. « Nous allons privilégier l’emploi dans les communautés locales. Nous aurons aussi besoin de compétences plus spécifiques qui demandent une formation particulière. Là aussi, on privilégiera la main-d’œuvre locale », précise Thomas Lundqvist, responsable construction du projet Lucy.

Les avantages de ce procédé

Ce nouveau procédé va permettre de traiter les résidus pour dix années supplémentaires. Un projet estimé globalement à 35 milliards de francs (usine de filtration + structure de convoyage + terrassement au pied du KO2). Une fois les travaux terminés, les galettes de résidus asséchés seront stockées au pied du barrage KO2, ce qui renforcera l’ouvrage. Pour l’heure, la plateforme qui accueillera l’usine de déshydratation des résidus a été préparée et les travaux de construction du talus au pied du barrage devraient démarrer prochainement.

V.G.

©illustration Prony Ressources 

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