Le prix des masques plafonné

Le gouvernement a adopté un arrêté, le mardi 17 mars, plafonnant le prix des masques à 50 francs. Une décision qui modifie l’encadrement initial qui favorisait paradoxalement des prix élevés.

Il y a un an, lors du premier confinement, les maques n’étaient pas obligatoires. Mieux, les autorités recommandaient même de ne pas en porter afin que les soignants puissent en disposer en priorité tout en prétextant une certaine inefficacité. Pour ce deuxième confinement, les règles ont évolué puisque le port est tout simplement obligatoire dans l’espace public (lire par ailleurs). Si l’absence de virus sur le territoire n’avait pas poussé les Calédoniens à se préparer à son arrivée et à se procurer des masques, l’annonce du confinement, le 7 mars, a suscité une ruée vers cet outil de protection dans les différents points de vente.

Contrairement à ce qu’ont pu affirmer les autorités, la plupart des distributeurs se sont rapidement retrouvés en rupture de stock, en particulier les pharmacies. Cette forte demande s’est accompagnée de comportements opportunistes. Sur 24 contrôles effectués dans des pharmacies par la Direction des affaires économiques en début de confinement, un certain nombre de situations pudiquement qualifiées d’« excessives » par le directeur, Éric Backes, avaient été relevées. Situation réglée, selon lui, avec de simples rappels à l’ordre. Le 16 mars, on pouvait pourtant encore trouver des masques chirurgicaux à plus de 400 francs pièce.

Le taux de marge de 1,3 abandonné

De fait, le dispositif initial d’encadrement des prix par la fixation d’un taux de marge de 1,3 s’est révélé inefficace. On peut d’ailleurs s’interroger sur la décision du gouvernement d’adopter un tel dispositif, alors que l’instauration d’un prix plafond était retenue aussi bien en Métropole que chez nos voisins de Polynésie. Comme le souligne Aurélie Zoude-Le Berre, la présidente de l’Autorité de la concurrence, l’encadrement des prix par la fixation d’un taux de marge maximum faisait que le distributeur ou le grossiste qui « achetait pas cher était le plus pénalisé ». Autrement dit, il décourageait une concurrence pour tirer les prix vers le bas.

Le plus étonnant est que le gouvernement ait adopté cette réglementation, malgré un courrier de l’Autorité de la concurrence qui avait l’alerté sur ce point particulier et les risques de dérapage des prix. Le gouvernement avait par ailleurs déjà été sensibilisé par l’Autorité à l’occasion de l’instauration de la TGC, taxe générale sur la consommation. Le même dispositif avait été appliqué et avait, sans surprise, produit les mêmes effets inflationnistes.

Faire jouer la concurrence

Avec l’instauration d’un prix plafond de 50 francs par masque (l’arrêté n’avait toujours pas été publié au Journal officiel mercredi), les choses devraient rentrer dans l’ordre et pousser les grossistes et les distributeurs à faire jouer la concurrence. Cela n’a pas empêché l’ACNC de lancer une enquête afin de s’assurer de l’absence de pratiques anticoncurrentielles ou d’abus de position dominante conduisant à des prix excessifs. Un système d’alerte a été mis en place dans ce sens. Avant même l’entrée en vigueur de l’arrêté, plusieurs distributeurs avaient toutefois déjà commencé à jouer le jeu. Dans certaines grandes surfaces, à Casino Port Plaisance par exemple, on pouvait trouver une boîte de 10 masques au prix compétitif de 180 francs, soit 18 francs le masque. De manière plus générale, la présidente de l’Autorité relevait que les grossistes-importateurs pouvaient sortir des masques à un prix tournant autour de 22 à 26 francs pièce. Un niveau très légèrement supérieur à ce que l’on peut retrouver en Métropole.

Pas de taxes

Le gouvernement a également exonéré les masques de TGC et de droits de douane de manière à réduire encore le prix final de ce produit devenu obligatoire. L’idée d’imposer la vente à prix coûtant, qui aurait permis aux Calédoniens de s’approvisionner au meilleur prix, a, de fait, été rapidement écartée par les autorités. À noter que si les autres produits « sanitaires » tels que le gel ou les gants vont également être exonérés de droits de douane, ces derniers n’auront pas de prix encadrés par un prix plafond. Malgré la recommandation de l’Autorité de la concurrence, ils ne sont pas visés par l’arrêté du gouvernement et resteront donc soumis à la règle contreproductive du taux de marge fixe.


Qui doit porter des masques et quand ?

Tous les Calédoniens doivent porter un masque, à partir de 11 ans, dès lors qu’ils se trouvent en dehors de leur domicile. À noter que la voiture est un espace privé et que le port du masque n’y est pas obligatoire sauf à être en trajet professionnel avec des collègues. De manière générale, les Calédoniens sont censés porter un masque tout le temps qu’ils se trouvent dans l’espace public. Le porte-parole du gouvernement a toutefois indiqué qu’en cas d’activité physique, le masque pouvait être retiré, à la condition expresse que la personne soit seule, un exemple également valable à vélo. Une chose est sûre, toutes les personnes qui sortent de leur domicile, quelle qu’en soit la raison, doivent être en possession d’un masque qu’ils doivent porter s’ils sont plusieurs.


Quel masque faut-il utiliser ?

Deux types de masque sont agréés par le gouvernement. Le masque en tissu normé de type UNS1, UNS signifiant « usage non sanitaire », le numéro correspondant à la filtration. La filtration 1 correspond aux usages professionnels au cours desquels les porteurs sont amenés à rencontrer un grand nombre de personnes, la 2 est davantage adaptée pour des rencontres plus occasionnelles. Seul le type 1 est agréé par le gouvernement calédonien. Toutefois, il a indiqué qu’une tolérance serait appliquée sur le type 2, tous n’ayant pas d’étiquette pour préciser s’ils sont du type 1 ou 2. Pour ce qui est des masques jetables, l’agrément porte sur les masques chirurgicaux. Les masques FFP2 et FFP3 sans valve sont également autorisés. À noter que les masques doivent être remplacés au bout de quatre heures et qu’il est impératif d’éviter de toucher son masque avec les mains, sauf à les désinfecter avec du gel hydroalcoolique ou en se lavant les mains. Les masques jetables peuvent être lavés une dizaine de fois tout en conservant leur efficacité, c’est du moins le constat d’une étude du CNRS. Attention, les masques en tissu présentent également un nombre de lavages maximum (de l’ordre d’une cinquantaine). N’hésitez pas à poser la question lors de votre achat. Le prix des masques en tissu est encadré par un prix plafond de 850 francs.

M.D.

©Shutterstock 

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