Le padel débarque sur le Caillou

La naissance d’une discipline, c’est un événement assez rare pour être souligné. Le week-end dernier, la Ligue calédonienne de tennis a inauguré, au Ouen Toro, ses terrains de padel.

C’est une grande cage bleue électrique de 20 mètres de long pour 10 de large. Quatre joueurs y entrent et quatre y sortent. Car la première chose à savoir, c’est que le padel, inventé au Mexique au milieu des années 1970 (lire par ailleurs), se pratique exclusivement en double. Le terrain, lui, ressemble à celui du tennis, les couloirs en moins. Pour les parois, du grillage sur le côté au niveau du filet et des vitres dans le fond.

À première vue, un profane voit une sorte de mélange entre tennis et squash, avec un joueur qui tape la balle pour la faire passer de l’autre côté du filet et qui peut utiliser les murs pour le rebond. Mais n’est-ce pas un peu caricatural de parler de ce mix ? « Non, c’est à peu près ça, explique Mathieu Feyler, entraîneur de padel et diplômé d’État. On retrouve bien le principe du tennis avec la même façon de compter les points, le même type de balle, et une opposition en face-à-face. Mais du squash, on retrouve la vitesse de jeu, parce qu’il n’y a pas de sortie de balle, et la stratégie, car on joue avec les rebonds et les angles pour mettre son adversaire en difficulté. »

Facile d’accès

Avec une raquette pleine, courte et large, la prise en main est bien plus rapide que peut l’être celle du tennis ou du squash, qui demandent tous deux une bonne technique dès les premiers échanges. « Au padel, comme la balle est toujours en jeu, on arrive toujours à la taper. C’est un sport facile d’accès, mais qui demande du travail si on veut bien jouer. »

Pour le moment, deux terrains ont vu le jour à côté des courts de tennis de la ligue, au Ouen Toro. Mais ils ne sont pas là par hasard. « À la fin de l’année 2018, la Fédération française de tennis a lancé un plan padel, commente Olivier Le Dain, président de la ligue. Nous avons, dès 2019, répondu à l’appel. Mais avec la crise sanitaire, l’arrivée de la discipline a pris un peu plus de temps que prévu. »

Au total, ces deux courts représentent un budget de 14 millions de francs. Les deux tiers ont été pris en charge par la FFT, le reste par la ligue. Un investissement qui a pour objectif de changer un peu plus l’image de cette discipline, avec la mise en avant des pratiques associées, comme cela avait été le cas, il y a quelques saisons, avec l’émergence du beach tennis. « C’est d’abord l’occasion d’offrir à nos licenciés une nouvelle discipline, ludique et familiale, pose le patron du tennis local. Mais il ne faut pas non plus oublier que chaque ligue est à la recherche de nouveaux adhérents et que le padel est aussi un moyen d’y parvenir. C’est une discipline qui peut plaire à un public très large. »

Une discipline sans compétition

Aujourd’hui, le padel en est à ses balbutiements. « Nous avons prévu de mettre en place un programme d’animations pour faire connaître le padel, précise Olivier Le Dain. Cela passerait par de la découverte un soir par semaine ou encore une nocturne par mois. » Le tout appuyé par l’entraîneur, Mathieu Feyler. Pour le moment, la pratique du padel restera amicale et aucune compétition n’est prévue. Leur création se fera en étroite collaboration avec le FFT. « Nous devons avoir des entretiens avec Arnaud Di Pasquale, qui vient d’être nommé directeur de la mission padel. Passer de la pratique loisir à la compétition peut prendre du temps et demande des moyens. Parce qu’il va falloir former des juges- arbitres et des enseignants. » Reste à savoir si d’ici là, le padel restera au niveau d’un effet de mode ou s’enracinera durablement en Nouvelle-Calédonie.


De l’Argentine à l’Espagne

C’est dans les années 1980 que le padel prend véritablement son essor en Amérique du Sud. Même si sa création est actée au milieu des années 1970 au Mexique, c’est en Argentine que le professionnalisme est né, avec plus de quatre millions de joueurs recensés à cette époque. Mais au fil du temps, c’est l’Espagne qui devient l’épicentre de cette nouvelle discipline, alors que le circuit argentin perd de la vitesse. Et si c’est bien en Espagne que les premiers Mondiaux se déroulent en 1992, la compétition est remportée par… l’Argentine. En France, c’est le Sud- Ouest qui est concerné rapidement par le développement de la pratique, du fait de sa proximité avec l’Espagne. En 2019, la France comptait 325 clubs de padel pour un peu plus de 700 terrains. Et de très bon joueurs avec parmi eux Gaël Monfils, sacré champion du monde en 2009.

A.B.

©A.B.

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