Le monde du Oui uni pour le report

FLNKS, MNSK, USTKE, MOI, FLS… L’ensemble de la mouvance indépendance s’est constituée mardi en « comité stratégique indépendantiste de non- participation au référendum ». Une décision « irrévocable ».

« Le monde du Oui a une seule parole », observe Daniel Goa, le président de l’Union calédonienne, entouré des représentants de tous les mouvements indépendantistes du territoire qui réclament le report de la consultation.

Les arguments ont été répétés. Il y a eu cette « rupture de la parole de l’État », après les propos d’Édouard Philippe, qui avait exclu toute consultation entre septembre 2021 et août 2022, le choix « unilatéral » du 12 décembre, le document du Oui et du Non, « un manifeste de propagande pour le Non ». La crise sanitaire s’est de plus invitée avec son nécessaire processus de deuil, mais également ses divisions sur l’obligation vaccinale, le pass sanitaire, l’impact sur le monde du travail et les entreprises. Dans ce contexte, la consultation a été « mal préparée », jugent-ils avec « moins de 200 électeurs des îles inscrits dans les bureaux délocalisés » sur « un potentiel à plus de 3 000 » et « sans aucune campagne d’incitation ».

« La population n’acceptera pas le résultat »

Pour les groupes, ce scrutin ne peut donc pas être organisé de manière sereine à la fin de l’année. Une campagne équitable est jugée « impossible ». « On demande simplement du respect », souligne André Forest, président de l’USTKE. « On dirait que c’est une case à cocher avant de s’occuper de la réélection de Macron. Il y a un peuple qui attend depuis plus de 160 ans et voilà à quoi on en est réduits ? », interroge-t-il. « Et il ne faut pas venir nous dire qu’on profite de la situation. C’est faux !, s’insurge Marie- Pierre Goyetche, du Parti travailliste/MNSK. La douleur et la dignité face aux morts sont évidemment les mêmes pour tout le monde. Nous disons simplement que notre culture du deuil est différente. »

Le maintien par l’État serait assimilé à une « marche forcée pour la destruction du vivre ensemble, ont-ils prévenu. L’État devra assumer seul sa responsabilité et la population n’acceptera pas le résultat ». Les indépendantistes soulignent que cette décision de non-participation est irrévocable.

Les partis habilités à faire campagne n’ont pas transmis leurs documents de propagande à la commission de contrôle et il en sera de même pour la campagne audiovisuelle. Ils ne seront pas non plus autour de la table des discussions au lendemain du référendum pour la période transitoire. Par ailleurs, ils promettent, « le moment venu, si nécessaire », de dénoncer devant la communauté internationale « les manquements, les dessous et les travers d’un État passéiste qui ne tient pas parole et se cramponne à des schémas réducteurs d’antan ».

Rester à la maison

En attendant, le jour du vote, les gens du Oui sont invités à rester à la maison, à ne pas faire de provocation. De même, il faudra que les maires indépendantistes ouvrent les bureaux de vote comme d’habitude, même s’ils ne votent pas eux-mêmes. Le président de l’Union calédonienne rappelle qu’il n’a jamais été question de violence. « Il faut faire attention aux mots », souligne-t-il, d’autant que les consignes du FLNKS « ne sont pas aussi bien suivies que par le passé » et qu’il faut donc « tout envisager ».

C.M.

©C.M. / DNC

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