Le gouvernement encourage le photovoltaïque

Le gouvernement a revu sa copie en matière d’autorisation des projets photovoltaïques. Une capacité supplémentaire de 28 MWc est ouverte d’ici 2030. L’objectif fixé par le schéma pour la transition énergétique est de pouvoir couvrir l’intégralité de la distribution publique à cet horizon. Une électricité décarbonnée qui pourrait avoir un coût pour les usagers.

PPI, mégawatt-crête ou encore stabilité du réseau… Autant de notions complexes qu’il fallait maîtriser un minimum pour comprendre la consultation publique lancée par le gouvernement afin de revoir la PPI, programmation pluriannuelle des investissements, autrement dit le plan qui détermine la construction de nouveaux moyens de production électrique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la consultation n’aidait pas franchement le public à appréhender le sujet qui est pourtant essentiel. La question du photovoltaïque et son développement ont un impact direct sur le système électrique calédonien et son coût pour les usagers.

La consultation publique visait à recueillir les observations de la population sur l’ouverture de nouveaux outils de production d’électricité photovoltaïque d’ici 2030. Le 17 septembre, le gouvernement a adopté un arrêté validant cette nouvelle capacité de 28 MWc. Plus simplement, ces mégawatts devraient théoriquement permettre de couvrir les besoins électriques d’un peu moins de quinze mille foyers. Des chiffres qui restent théoriques du fait que la production dépend des conditions météorologiques. Sur les 28 MWc, 20 concerneront des installations situées sur des terres coutumières de la Grande Terre, trois MWc des panneaux sur toiture d’une puissance comprise entre 36 et 250 kWc, avec revente totale de l’électricité au réseau. Les cinq MWc restants sont réservés à un projet innovant de centrale sans stockage. L’arrêté prévoit, enfin, de ne plus limiter le développement d’installation en autoconsommation sur les toitures des particuliers.

Parmi l’ensemble de ces points, un pourrait avoir une incidence sur le prix de l’électricité. Les nouvelles centrales photovoltaïques parviennent à produire un kilowatt pour un prix de l’ordre de 7,7 francs sans stockage de l’électricité et 11,2 francs avec. Un coût inférieur à celui du kilowatt issu de la production des centrales thermiques qui est de l’ordre de 17 francs pour le fioul, 20 francs pour le charbon et 45 francs pour le kérosène. Substituer de la production photovoltaïque est donc bénéfique pour le système et son coût pour peu que le coût de production soit inférieur à celui des énergies fossiles. Et ce n’est pas le cas de l’énergie produite par les particuliers grâce aux dispositifs d’autoconsommation. L’arrêté du gouvernement vient libérer totalement la possibilité pour les foyers de s’équiper. Les contrats passés avec Enercal permettent aux particuliers de revendre le kilowatt à 21 francs pour une durée de 20 ans, soit plus que le coût d’un kilowatt fossile.

Un dispositif très avantageux

Un montant qui ne variera pas sur la toute la durée du contrat (Enercal précise toutefois que ce tarif pourrait être revu à l’avenir) et qui, du coup, se révèle plus qu’intéressant pour les foyers en mesure d’investir une somme de l’ordre d’un million de francs pour s’équiper.

Sur le site internet d’Enercal, on peut lire que l’amortissement est généralement réalisé en six à sept ans. Cela signifie que pendant treize à quatorze ans, Enercal va subventionner la consommation de ces foyers de manière importante. Cette électricité étant produite la journée dans des foyers qui sont bien souvent inoccupés, elle est bien souvent injectée sur le réseau, mais se retrouve perdue si elle n’est pas consommée par ailleurs. Au final, l’avantage est plutôt significatif pour le foyer, mais moins pour Enercal et donc le reste des usagers du système électrique. Le dispositif présente aussi l’écueil de s’adresser essentiellement aux foyers les plus aisés, d’autant qu’il est cumulable avec un avantage fiscal qui peut représenter jusqu’à 40 % du coût de l’installation.

La problématique est sensiblement différente pour l’exploitation des toitures des entreprises. Pour ce type de production, l’arrêté du gouvernement prévoit uniquement la revente et pas l’autoconsommation. Une décision étonnante puisque, par définition, les entreprises consomment la journée, contrairement aux particuliers. Pour cette production, le gouvernement a fixé un tarif de rachat de 17 francs, soit approximativement le coût d’un kilowatt produit grâce au fioul. La taille des projets implique toutefois une durée d’amortissement différente. Ce niveau de prix ne devrait pas perturber l’équilibre, mais on retrouve, comme pour les particuliers, la question du maintien du prix une fois l’équipement amorti. D’une certaine manière, le bénéfice qui aurait pu être attendu pour les consommateurs revient entièrement aux particuliers et aux entreprises sur l’ensemble de la durée du contrat.

M.D.

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