Le gouvernement collégial toujours en place

Après la menace de Daniel Goa de demander la démission des membres UC du gouvernement et les déclarations de Charles Washetine affirmant que la collégialité avait volé en éclats, finalement rien n’a changé. L’occasion pour Thierry Santa d’exprimer son étonnement.

Quelques semaines après la sortie du confinement et après s’en être pris au haut-commissaire, qui les « a bien reçus », les indépendantistes ont choisi, la semaine dernière, d’attaquer cette fois le président du gouvernement, sa gestion de la crise du Covid-19 et surtout sa communication. Charles Washetine avait indiqué que le FLNKS déplorait « l’instrumentalisation faite par l’Avenir en confiance et ses responsables au sein des institutions », interpellant notamment le président du gouvernement, en affirmant que « la collégialité, qui a été pourtant la pierre angulaire du discours de politique générale du président Santa, a volé en éclats ».

Des propos qui avaient été étayés, quelques jours auparavant, par Daniel Goa dans sa lettre aux Calédoniens et réaffirmés par la suite en indiquant qu’il allait demander aux trois représentants UC qui siègent au gouvernement de démissionner.

Thierry Santa a réagi

Devant l’insistance et les propos des indépendantistes, le président du gouvernement a finalement tenu à s’exprimer devant la presse. Thierry Santa, a exprimé son étonnement et « dire que nous avons phagocyté la communication est faux. Durant cette crise quasiment tous les membres du gouvernement sont intervenus lors des conférences de presse sur un sujet qui les concernait. Valentine Eurisouké, en matière sanitaire, Didier Poidyaliwane, sur la question des coutumiers, Gilbert Tyuienon, sur la question des transports. » Quant aux reproches d’une collégialité mise à mal, « j’ai du mal à l’entendre et je ne peux pas le comprendre », a précisé Thierry Santa, d’autant plus que « dès le début de la crise, le gouvernement collégial s’est réuni tous les jours et, depuis la fin du confinement, trois fois par semaine ». « Comment peut-on me dire que la collégialité n’a pas été mise en œuvre dans la gestion de cette crise sachant que, même s’il y a forcément eu des avis différents exprimés, toutes les décisions ont été prises de façon consensuelle et que toutes les positions du gouvernement collégial ont été prises en compte par les acteurs de cette gestion. »

Marche arrière

Faisant suite ou non aux propos de Thierry Santa, les cadres et militants de l’Union calédonienne, réunis en comité le week-end dernier, n’ont pas suivi la position de leur leader puisqu’à l’issue des débats, l’UC a finalement décidé de ne pas faire démissionner ses trois membres du gouvernement, l’exécutif de la Nouvelle-Calédonie restant ainsi en place. Pour expliquer son changement de position, ou celui imposé par ses cadres, Daniel Goa a indiqué que si cette mesure restait en suspens, sorte d’épée de Damoclès, « ses ministres ne sortaient pas du gouvernement actuel parce qu’il y a des échéances importantes qui se profilent comme un congrès du parti, à la fin juillet, avec le renouvellement du bureau, et surtout le deuxième référendum. ».

On retiendra donc que ceux qui ont rédigé la lettre signée du président de l’UC auraient dû, encore une fois, s’abstenir avant de lui faire porter des menaces et que Daniel Goa aurait dû, encore une fois, consulter sa base avant de s’exprimer aux Calédoniens. Bref, si ces agitations politiques menées par une minorité de leaders indépendantistes ne rendent pas service au vivre-ensemble, elles déstabilisent aussi les autres composantes du FLNKS et leurs militants. De là à se poser la question de la légitimité de Daniel Goa à la présidence de son parti…

D.P.

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