Le Froid reconstruit à Païta

L’entreprise a fait un point d’étape depuis son site historique qui porte encore les stigmates des émeutes. (©C.M)

Le 13 mai 2024, la société Le Froid, 130 salariés (« 83 % d’emploi local »), voyait s’effondrer la totalité de son outil industriel, 95 % de son chiffre d’affaires, une perte comptable de 2,3 milliards de francs, 80 % de ses emplois.

« Une journée que nous n’oublierons jamais », se remémore Christophe Badda, président de la société entouré de l’équipe restante (25 personnes). Les prévisions sont à 300 millions de pertes pour 2025. « Non, la société le Froid ne gagne pas d’argent, elle en perd », insiste le directeur, Nicolas Troboas. La société a mis en œuvre un modèle temporaire : faire fabriquer ses produits dans le Pacifique, des usines de Fidji ou d’Australie. « Un acte de survie industrielle », « coûteux » et « pas soutenable ».

Importateur de ses propres produits avec de nouveaux impacts en matière de droits de douane et de TGC, Le Froid a néanmoins obtenu une exonération de certaines taxes à l’entrée qu’elle demande à maintenir. « On doit reconstruire pour durer » a poursuivi Nicolas Troboas. Les assurances auraient produit « 15 % seulement du montant total des dommages et des pertes », des sommes déjà utilisées.

En revanche, le foncier à Païta est acquis. Les études seront terminées en 2026, les autorisations d’exploiter et le permis de construire sont envisagées pour 2027, avec une pose de la première pierre espérée en 2028. L’entreprise commencera alors ses recrutements. Le chantier devrait durer 24 mois, soit jusqu’en 2030. Le projet s’élève à 9 milliards d’investissements avec une prévision de 130 emplois en phase de construction, entre 200 et 250 emplois directs et indirects en exploitation.

Avant les émeutes, Le Froid représentait environ 2 milliards de taxes et d’impôts collectés chaque année, 1 milliard de salaires et de cotisations sociales et près de 2 milliards de dépenses auprès de prestataires locaux. La présidente du Medef-NC, Mimsy Daly, elle-même passée par la société, s’est réjouie de cette « renaissance ». « Il y a un investisseur qui prend des risques et je souligne son engagement, mais aussi celui de tout l’écosystème qui l’a suivi parce que c’est notable dans les circonstances actuelles de voir un tel projet redémarrer. »