Le contrôle continu remplace les examens

C’est inédit en Nouvelle-Calédonie. Tous les examens de fin d’année sont annulés. La progression des élèves va donc être évaluée en contrôle continu. Une décision qui n’est pas sans conséquence pour les élèves comme pour les enseignants.

 

C’est officiel, 2021 sera  une année sans examen. L’annonce a été faite lundi 18 octobre par le vice-recteur Erick Roser. « Nous avons recherché les meilleures conditions de délivrance des diplômes. Le principe a été de trouver un équilibre entre bienveillance et qualité de la certification », a-t-il indiqué, avant d’annoncer l’annulation de toutes les épreuves finales au profit d’une évaluation par le contrôle continu.

Si cette décision soulage la majorité des enseignants, elle soulève aussi plusieurs questions. Comment évaluer la progression des élèves et l’acquisition des connaissances alors que l’année a été interrompue par deux confinements ? « La tache va être compliquée, nous espérons que l’ensemble des notes de l’année sera pris en compte, car il y a clairement un déséquilibre entre les deux semestres », répond Fabienne Kadooka, secrétaire générale de l’UT CFE-CGC.

Deuxième interrogation : l’évaluation dans chaque établissement ne risque-t-elle pas d’accentuer les disparités entre les élèves ? « Il va falloir intensifier les réunions d’harmonisation. Elles ont lieu traditionnellement, mais elles seront encore plus importantes cette année », estime-t-elle.

Les filières professionnelles très impactées

Alors que ces points devraient rapidement être réglés dans l’enseignement général, les perspectives sont plus sombres pour l’évaluation des élèves des filières professionnelles. Car l’acquisition des connaissances pratiques s’évalue davantage au second semestre. Sur ce point, le syndicat se dit inquiet. « De toute façon, que ce soit en filière professionnelle ou générale, l’enjeu va maintenant consister à faire revenir les élèves dans les établissements pour profiter de ces dernières semaines, les faire progresser et les évaluer », poursuit-elle.

La semaine de la rentrée, le taux d’absentéisme était de 56 %. Si une tolérance est acceptée jusqu’au 31 octobre, il s’agira ensuite de remobiliser les troupes. Au-delà des modalités de contrôle continu, l’annulation des examens de fin d’année n’est pas sans conséquence psychologique pour les jeunes candidats, notamment au brevet et au baccalauréat. Si certains peuvent tirer leur épingle du jeu par le contrôle continu, d’autres ont le sentiment qu’on leur coupe l’herbe sous les pieds. Notamment ceux pour qui l’examen de fin d’année est une sorte de rituel de passage. L’Éducation nationale va devoir mesurer et prévenir les conséquences de cette perte de repères. L’expression « Passe ton bac d’abord » n’a jamais semblé aussi désuète qu’aujourd’hui.

 


Une rentrée atypique

Cette semaine de rentrée scolaire a été marquée par une forte disparité de fréquentation entre les établissements. Seulement 44 % des élèves ont été accueillis dans les collèges et les lycées des trois provinces, soit 7 000 élèves qui ont repris les cours. Ils sont plus nombreux dans l’agglomération, avec 48 % des élèves. Concernant le personnel, 91 % étaient présents, « un absentéisme classique » selon Isabelle Champmoreau, vice-présidente du gouvernement, chargée de l’enseignement.

Pour rassurer les élèves, le personnel et les parents, 365 000 autotests vont être distribués aux collégiens et lycéens. Le dépistage va également se faire dans les établissements.

 

Virginie Grizon (© Archives DNC)

 

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