Le Brexit…et après

Quelques jours après le vote historique du Royaume-Uni en faveur de la sortie de l’Union européenne, le réveil a été pour le moins douloureux pour les Britanniques et les Européens.
Les marchés mondiaux se sont affolés, la livre sterling a chuté à un niveau jamais atteint depuis trente ans, le Royaume-Uni a perdu sa note AAA, un climat de crainte s’est instauré chez les patrons et salariés britanniques ainsi que leurs partenaires, des délocalisations d’emplois sont annoncées vers le continent et les immigrés, où qu’ils soient, ont fait part de leurs peurs. L’Irlande du Nord et l’Écosse, positionnées contre cette sortie, ont remis sur le tapis la question de leur indépendance et entendent batailler pour conserver leur place au sein de l’Union européenne. Le résultat n’a pas seulement déchiré le peuple, il a plongé l’Angleterre dans la tourmente politique et les institutions du pays sont paralysées.

Le Premier ministre, David Cameron, qui avait promis ce référendum pour des seules raisons de politique intérieure, a annoncé le jour même sa démission dans trois mois et son intention de laisser à un autre le soin d’engager les négociations de sortie. Le chef de file des partisans du Brexit, ancien maire conservateur de Londres, Boris Johnson, qui ambitionne de lui succéder, a cependant brillé ces derniers jours par sa visible impréparation pour la suite. Il a publié une chronique hallucinante dans le Telegraph, intitulée Rien ne presse. Optant pour un ton particulièrement conciliant vis-à-vis de ses adversaires, il y martèle que la Grande-Bretagne fait « partie de l’Europe » « qu’elle continuera à avoir accès au marché unique » et même que la coopération avec ses voisins allait « s’intensifier ».

Quant au Parti travailliste, il est loin d’être épargné. Le Labour a subi une déroute dans ses bastions historiques du nord de l’Angleterre, où le vote ouvrier a glissé vers le parti europhobe et anti-immigration, et son leader, Jeremy Corbyn, doit faire face à une violente mutinerie. On reproche à cet eurosceptique historique d’avoir manqué de conviction et de s’être prononcé trop tard en faveur du maintien. Il a limogé une de ses « ministres » et douze démissions ont fait suite au sein de ce cabinet. Une motion de défiance a été déposée et il faudrait 50 noms de députés pour déclencher une élection interne.

Enfin, même le leader de l’Ukip, Nigel Farage, est revenu – après une journée de jubilation – sur l’une des promesses phare de sa campagne pro-Brexit : le reversement de 430 millions d’euros que le Royaume-Uni donnait chaque semaine à l’UE à la Sécurité sociale britannique… Irréalisable a-t- il admis.

Au beau milieu de ce chaos, David Cameron rencontrait mardi les dirigeants européens à Bruxelles. Ces derniers pressent fermement et logiquement le Royaume-Uni d’enclencher son départ par la clause prévue dans le traité de Lisbonne sans perdre de temps, pour éviter de paralyser le bloc et de le plonger trop longtemps dans l’incertitude politique et économique. L’Allemagne, la France et l’Italie excluent toute négociation avec Londres tant que la demande de sortie de l’Union n’a pas été formalisée. Les règles européennes prévoient en effet que le candidat à la sortie doit demander de quitter l’UE avant de pouvoir négocier ses nouvelles relations avec ses membres restants. Une fois la demande actée, le Royaume-Uni aura deux ans pour couper ses liens avec l’UE.

C.M/AFP

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