L’avenir institutionnel attendra

Le vote du 31 juillet au Congrès a débouché sur la composition d’un gouvernement qui a pour mission première d’apporter de l’oxygène au territoire. © Y.M.

Plusieurs raisons, de l’Assemblée nationale aux enjeux locaux, expliquent le report des discussions sur la recherche d’une solution d’avenir.

Veylma Falaeo, cadre de l’Éveil océanien et présidente de la commission permanente du Congrès, n’a pas tourné autour du pot, vendredi 31 juillet, après l’élection des membres du 19e gouvernement. « L’avenir institutionnel est un dossier mis de côté. » Pour au moins quatre raisons.

« L’accord de gouvernance », signé par l’Éveil océanien, Les Loyalistes et le Rassemblement-LR, sur lequel se fonde la majorité actuelle au Congrès et au gouvernement, « ne traite pas » de ces questions d’avenir. Et pour cause, les intentions sont différentes. Les mouvements de Sonia Backès et Alcide Ponga sont farouchement attachés à la Nouvelle-Calédonie française, tandis que l’EO milite en faveur du « non, pas maintenant » à l’indépendance.

La fragmentation de l’Assemblée nationale complique sérieusement, ensuite, la sérénité du débat et la clarté du vote sur la Nouvelle-Calédonie. Sans parler de l’extrême difficulté à réunir les 3/5e des parlementaires requis afin de modifier la Constitution en Congrès à Versailles. D’autant que, autre élément, la perspective de l’élection présidentielle en 2027 affecte de plus en plus profondément ce dossier de l’avenir institutionnel calédonien. Autrement dit, la quête d’une solution est devenue un enjeu politique national, de la gauche à la droite. Dangereux.

REMISE A PLAT

Enfin, quatrième point perçu comme le principal, il y a une urgence. « Le budget du pays est dans un état désastreux, il y aura des réformes, ce n’est pas forcément très populaire », a souligné Veylma Falaeo. « Le gouvernement est attendu avec force pour améliorer le quotidien des Calédoniens ». L’État a justement conditionné son aide à des réformes, qui tardent. Or des milliards de francs manquent pour boucler le budget annuel du territoire. Une vraie source d’inquiétudes.

Une délégation transpartisane doit partir fin août échanger avec les autorités parisiennes. Mais l’ajournement, mardi 28 juillet, du vote du compte administratif 2025 de la Nouvelle-Calédonie en raison d’un couac comptable sur l’orientation du prêt Covid, n’a pas amélioré les relations avec le gouvernement central. Milakulo Tukumuli et ses collègues politiques vont certainement participer à une grosse remise à plat des finances publiques dans la capitale.

Y.M. avec C.M.