En 2030, la base aérienne 186 Nouméa-Tontouta assurera la maintenance d’un Airbus A400M. Capable d’effectuer rapidement des vols sur de longues distances et d’atterrir sur tous les terrains, le gros porteur pourra opérer dans l’ensemble du Pacifique, en fonction des besoins des pays de la zone.
Dépêché sur le territoire durant les émeutes, de mai à septembre 2024, l’A400M – avion militaire reconnaissable à sa taille colossale et ses quatre énormes hélices – a permis de réapprovisionner la population en médicaments et en vivres et de procéder à des évacuations. Il survole fréquemment les pays et archipels du Pacifique à l’occasion d’exercices militaires comme Croix du Sud* ou lors de la mission annuelle Pégase**.
D’ici 2030, dans le cadre de la stratégie française en Indopacifique, ses missions
devraient se multiplier à mesure que la France continue de nouer des partenariats avec les pays de la grande région. On pense, par exemple, aux accords d’accès réciproques (RAA) conclus avec l’Inde, l’Australie et le Japon ces dernières années, dont le but est de faciliter l’organisation d’exercices conjoints, mais aussi à ceux noués lors de la tournée du Président, Emmanuel Macron, en Asie du Sud-Est (Singapour, Vietnam et Indonésie), prévoyant, entre autres, une coopération en matière de défense et de sécurité.
LA BASE AÉRIENNE SE DÉVELOPPE
Afin de s’adapter à ces évolutions, la base aérienne 186 Nouméa-Tontouta va connaître de nombreux travaux. « Nous nous sommes rendu compte, avec l’exercice Croix du Sud et les changements géopolitiques dans la région, que la base aérienne devait être en capacité d’accueillir des avions toujours plus gros », explique le colonel Genre-Grandpierre, commandant de la base aérienne.
Dans quelques mois, de nouveaux hélicoptères – des H225M Caracal – seront réceptionnés, afin de remplacer les modèles Puma.
« Ils vont plus loin et peuvent faire plus de choses, notamment du sauvetage maritime de nuit, ce que ne nous permettent pas les Puma », précise le colonel.
Le parking et la piste de la base aérienne vont être agrandis et de nouveaux hangars seront construits, pour des montants respectifs d’1,5 milliard et de 600 millions de francs.
Aussi, un hangar de maintenance sera édifié entre 2029 et 2030 pour recevoir l’un des 25 avions A400M de l’armée de l’air (lire par ailleurs). La construction de ce hangar est chiffrée à trois milliards de francs.
DE NOUVELLES CAPACITÉS
Cet A400M pourra se rendre en Polynésie ou dans d’autres zones du Pacifique. En outre, des partenariats pourront être noués avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée. « Des discussions sont en cours. » Il complètera ainsi les capacités des avions Casa. Pour répondre aux besoins du territoire, ceux-ci font « très bien le travail », mais « à partir du moment où il faut aller plus loin, aux Fidji, à Wallis-et-Futuna ou dans des îles partenaires, c’est un peu plus difficile, alors que l’A400M a cette capacité de transporter jusqu’à 40 tonnes, beaucoup plus vite et plus loin ».
Nikita Hoffmann
* Exercice militaire organisé tous les deux ans par les Forces armées en Nouvelle-Calédonie, rassemblant des militaires de plusieurs pays voisins, dans le but de s’entraîner à interagir en cas de crise humanitaire ou de catastrophe naturelle dans la zone Pacifique. En 2025, il s’est tenu à Wallis-et-Futuna.
** Exercice de déploiement de forces aériennes dans le Pacifique, mené chaque année par l’armée de l’air et de l’espace depuis 2018.
L’un d’eux est basé en permanence aux Émirats arabes unis. Outre la Nouvelle-Calédonie, La Réunion est également évoquée comme futur lieu de maintenance.

