La SLN prête pour les énergies renouvelables, mais pas tout de suite

Le dossier du renouvellement de la centrale électrique Doniambo avance. Nouvelle-Calédonie Energie a désormais reçu les offres dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt international pour une centrale thermique. Une stratégie portée en parallèle d’une autre vision reposant sur le développement des énergies renouvelables. La SLN a pris position sur le sujet, indiquant qu’elle était ouverte aux énergies renouvelables quand elles permettront de garantir sa compétitivité.

L e système électrique calédonien est un dossier complexe qui mêle les intérêts divergents de nombreux acteurs et des outils de production dépassés, sans même parler de la problématique insulaire. C’est ce casse-tête que doit résoudre Nouvelle- Calédonie Energie, la société créée pour porter le projet de renouvellement de la centrale au fuel de Doniambo mise en service en 1972. Après de nombreuses péripéties politiques, NCE a fini par relancer un appel à manifestation d’intérêt, fin mars, qui s’est achevé en juin. Une quinzaine de candidats ont répondu à cet appel avec plusieurs offres répondant au principal critère de pouvoir fournir une électricité moins chère à la SLN pour lui permettre d’améliorer sa compétitivité.

Aujourd’hui, le coût de l’électricité, qui représente environ la moitié des coûts totaux de transformation du minerai en ferronickels, est de l’ordre de 15 francs du kilowatt, alors que la concurrence internationale dispose d’accès à un kilowatt inférieur à huit francs. Pour redevenir compétitive, la SLN estime qu’elle aurait besoin d’un kilowatt de l’ordre de neuf francs. La bonne nouvelle, c’est que plusieurs projets parmi la trentaine déposée présentent des prix proches de ces neuf francs.

La SLN se projette donc dans cette solution, qui peut être mise en œuvre très rapidement. D’autant plus rapidement qu’il est question d’une centrale sur barge, permettant d’éviter un long et coûteux chantier de construction. Une solution qui présenterait l’avantage de ne rien coûter à la collectivité. La solution de la construction d’une centrale impliquerait des retombées pour l’économie calédonienne, mais engagerait le territoire et son système électrique sur une quarantaine d’années et maintiendrait sa dépendance aux énergies fossiles. La centrale sur barge offrirait la souplesse de pouvoir être rendue, en cas de modification stratégique et notamment de focalisation sur les énergies renouvelables. Si la SLN n’écarte pas la solution des énergies renouvelables, elle estime que la technologie n’est pas assez mature pour garantir sa compétitivité. Si les fermes photovoltaïques affichent des coûts de production du kilowatt de l’ordre de quatre francs, ce prix ne tient pas compte des nombreux éléments nécessaires au transport, à la distribution et au stockage de l’énergie. Il faut davantage compter sur un coût de l’ordre de 16 francs du kilowatt.

Le gouvernement s’est récemment félicité de l’adoption de la nouvelle programmation pluriannuelle des investissements en matière d’énergies renouvelables, qui prévoit une augmentation de 130 MW supplémentaires pour des projets photovoltaïques. Une décision qui ne sera pas sans conséquences sur le système électrique et son coût pour les usagers. Ces nouvelles installations vont nécessiter plus de douze milliards de francs d’investissement pour intégrer un peu de stockage et le renforcement des réseaux nécessaires au transport d’autant d’énergie.

Si le gouvernement entend revendre les kilowatts non consommés à la SLN, toute la question est de savoir à quel prix. À prix coûtant ? À perte pour répondre aux exigences de la SLN ? Tout dépendra des différents projets qui pourraient toutefois être conditionnés par le choix de la future centrale. Le choix de la barge offre le luxe de remettre à plus tard les décisions et la possibilité de substitution des énergies renouvelables, une fois que les solutions de stockage auront progressées.

L’une des principales problématiques est le refus de la SLN de s’engager à acheter les kilowatts à long terme, un engagement qui nécessite que le métallurgiste affiche clairement sa stratégie à moyen-long terme. Une stratégie qui est conditionnée par ses actionnaires et leur capacité à investir pour remettre l’outil de production au niveau. A contrario, la décision de construire une centrale à gaz de grande taille freinerait le développement des projets photovoltaïques, sauf à générer de lourdes conséquences pour le système électrique.

M.D.

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