La révolution du monde agricole est-elle en marche ?

La Foire de Bourail a été l’occasion pour les représentants du monde agricole de signer deux conventions, le vendredi 16 août. La première vise à développer des partenariats entre les chambres consulaires du Pacifique et la seconde prévoit la création d’un comité de pilotage devant mettre en œuvre les plans stratégiques découlant du forum Agrinnov’. Deux conventions qui pourraient être à l’origine de profondes mutations du système agricole calédonien dont les effets devraient être visibles dans les années à venir.

Bourail est la capitale agricole marchande calédonienne. Sa foire en est tout du moins le symbole qui attire chaque année plusieurs milliers de visiteurs et de professionnels. C’est, un an après la signature de la convention de financement du forum Agrinnov’, entre le gouvernement et la Chambre d’agriculture, que la Foire de Bourail a été choisie pour une nouvelle signature, permettant de créer le comité de pilotage qui aura la charge de mettre en œuvre les plans stratégiques issus du forum qui s’est tenu fin mars.

Cette foire a également été l’occasion pour la Chambre d’agriculture d’accueillir ses homologues du Pacifique, à savoir de Fidji, de Polynésie française, du Vanuatu et de Wallis-et-Futuna. Un voyage qui visait à rapprocher davantage les structures consulaires des territoires qui partagent un grand nombre de problématiques communes et permettre à chacune de bénéficier des retours d’expérience des autres. Les visites ont été l’occasion de travailler sur un protocole d’accord visant à instaurer un véritable réseau entre les chambres. Outre la Foire de Bourail, les représentants des chambres ont pu visiter une exploitation au Mont-Dore afin d’échanger très concrètement avec un producteur sur les difficultés auxquelles ils doivent faire face au quotidien, mais aussi pour se développer.

Un rapprochement des chambres régionales

Une convention qui coïncide parfaitement avec le lancement du programme PROTEGE, coordonné par la Communauté du Pacifique et financé par l’Union européenne. Ce programme, qui vise notamment à développer une agriculture plus respectueuse de l’environnement, pour ne pas dire bio, prévoit la création de plateformes régionales afin d’encourager la coopération entre les territoires. Une coopération encore relativement faible, en particulier entre les territoires d’outre-mer français qui commencent tout juste à intégrer leur environnement régional. Le volet bio du programme financé par le 11e FED fait d’ailleurs le lien avec l’autre convention signée pendant la Foire de Bourail.

Certaines actions résonnent avec des objectifs opérationnels des plans stratégiques prévus par Agrinnov’. Mais les plans vont beaucoup plus loin. En matière d’agriculture biologique, les aménagements concernant l’accompagnement technique et les mesures visant à encourager la reconversion sont nombreux. Ils consistent à offrir un réel soutien, aussi bien technique que financier, aux producteurs qui souhaiteraient se convertir, y compris pour les plus gros. La formation et la recherche sont des points particulièrement importants qui font l’objet de nombreuses mesures spécifiques. Elles permettront d’apporter des réponses alternatives concrètes aux agriculteurs concernant l’usage des produits phytosanitaires.

La refonte du système d’aides sera par ailleurs un élément clef pour dynamiser la filière. À une échéance relativement courte, il est prévu qu’elles soient revues afin de favoriser les reconversions. Comme l’avait fait valoir les experts présents lors du forum, les agriculteurs bio les plus efficaces l’étaient également lorsqu’ils pratiquaient l’agriculture conventionnelle. L’idée est d’instaurer un différentiel d’aides en faveur de l’agriculture biologique.

Un premier comité de pilotage d’ici la fin de l’année

En 2019 et surtout en 2020, le planning prévisionnel envisage le début de la structuration du marché et le développement d’outils de transformation permettant d’accéder au marché de la restauration collective. Les cantines sont particulièrement ciblées au travers du développement de ces outils. Elles constituent à elles seules un objectif opérationnel et un débouché particulièrement intéressant pour stimuler la filière bio. En matière de structuration, il y a beaucoup à faire comme mieux planifier la production afin éviter la surproduction et une offre pas assez diversifiée. La collecte et la distribution sont aussi des sujets importants.

La mise en place du comité de pilotage des plans qui comprend des représentants des institutions et des professionnels est un signe fort. La présidence du comité sera par ailleurs partagée par la Chambre d’agriculture et le gouvernement, une volonté commune pour souligner le fait que « chacun porte sa part de responsabilité dans cette démarche, insiste la Chambre.Agrinnov’ aurait très bien pu s’arrêter là. C’était une année électorale et par le passé, on a souvent vu des projets abandonnés avec les changements d’équipes et ce n’est pas le cas. On ne peut que s’en féliciter ».

La première réunion du comité est prévue d’ici la fin de l’année et aura la tâche de fixer le calendrier de travail pour l’année 2020. « Pour le bio, les choses se mettent plus ou moins en place, notamment en lien avec le programme PROTEGE, pour les produits phytopharmaceutiques, tout est encore à faire, mais on sent que les choses commencent aussi à se mettre en place, estime la Chambre. Il y a des défis à relever, une transition à assumer avec toujours le même besoin, celui de nourrir une population. Mais il y a désormais des impératifs sociétaux desquels on ne peut plus se dédouaner. »

M.D.

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