« La priorité est de revenir avec confiance »

Le masque sur le visage, à deux mètres l’un de l’autre, les élèves du collège d’Apogoti ont repris le chemin des cours mardi matin, à Dumbéa-sur-Mer. Nous avons suivi leur rentrée en confinement adapté.

« Bonjour à tous, bienvenue ! Gardez bien vos distances, merci. » Il est 6 h 50, mardi matin, lorsque Julien, éducateur, accueille les premiers élèves en haut des marches du collège d’Apogoti, à Dumbéa-sur-Mer. Une rentrée pas comme les autres après cinq semaines d’un confinement strict. Masque, gants et gel hydroalcoolique à la main, le jeune homme régule l’entrée des élèves et s’occupe du lavage des mains. Avec un petit mot pour chacun : « Hé, tu es là, toi ? Bonne journée ! »

 

Une salle, une classe

À quelques mètres de là, passé la grille d’entrée, deux dames du collège pointent l’identité des élèves du groupe A, soit la moitié des 492 élèves de l’établissement qui suivront les cours du mardi et du mercredi. À leur tour, les élèves du groupe B viendront au collège le jeudi et le vendredi. « Nous avons opté pour une organisation en demi-groupe avec un nombre de places limité à une dizaine de tables par classe », explique Stéphane Raynaud, le directeur de l’établissement, des tables espacées d’au moins un mètre et des élèves installés à une place qui leur est affectée pendant toute la période de ce protocole sanitaire. La même place est utilisée en alternance par un élève du groupe A, puis du groupe B, avec le principe « une salle, une classe ».

« J’ai entendu des rires ce matin, en arrivant, ça leur fait du bien et à nous aussi, assure Mme Tardivel, enseignante d’histoire-géo. On va prendre nos marques et se détendre au fil de la journée. » Dans sa classe de troisième, dix élèves sur douze sont présents. L’échéance du brevet est le principal sujet d’inquiétude, bien avant le virus. « Nous avons eu quelques appels seulement de familles craintives, hier », note le directeur Stéphane Raynaud, qui précise qu’un point sera fait avec chacune d’elle afin d’assurer une continuité pédagogique adaptée pour chaque élève qui ne viendra pas de façon durable au collège. « Je suis sûr que leurs parents ont peur qu’ils ramènent le virus à la maison », explique un garçon. « C’est sans doute au collège que l’on est le plus sécurisé, car c’est là où l’on porte le plus de masque, qu’on se lave régulièrement les mains et que l’on respecte le mieux les mesures barrière », souligne Erick Roser, le vice-recteur.

Une rentrée sous haute surveillance.

 

Retrouvailles

À la question de savoir si les élèves sont heureux de revenir en cours, le plaisir de retrouver le collège et les copains-copines l’emporte, même si d’autres n’étaient pas contre des « vacances » supplémentaires. La mine triste, un garçon de sixième raconte que « ces cinq semaines se sont mal passées, ma grand-mère est morte ». Un ange passe. Avec lui, l’interrogation silencieuse sur les causes de ce décès, peut-être liées au Covid. Avec plus de 200 décès, chacun a sans doute un proche parmi les victimes.

Dans cette classe, six enfants sur douze sont présents ce mardi matin. « Maman a dit que c’était un peu trop tôt, mais je trouvais que c’était bien de venir et que les profs nous expliquent », raconte l’une des élèves. « On va dire aux copains qu’il faut venir », ajoute un autre élève. « La priorité et de revenir avec confiance, avec sérénité, vous allez tout de suite travailler les gestes barrière pour comprendre comment on assure sa sécurité et celle des autres », détaille Erick Roser.

 

Éviter le brassage des élèves

De retour dans la cour du collège, une scène inhabituelle. Karl, accompagnateur éducatif, fait la lecture à des élèves installés à distance réglementaire dans un amphithéâtre de béton. « Avec ma collègue documentaliste, on essaie de les occuper avec des jeux et de stimuler leur concentration après cette parenthèse de cinq semaines », explique le jeune homme. La sonnerie retentit, les ados se dirigent vers leur classe, en file indienne, avec un coup d’œil sur la distanciation. « Merci pour votre coopération », leur lance Karl dont la mission est également de sensibiliser sur le coronavirus.

Dans l’espace de récréation, la circulation est matérialisée par des fléchages au sol et l’espace est séparé en zones, par niveau de classe, de la sixième à la troisième, afin de limiter le brassage des élèves. Et malgré les allées et venues, un sentiment de calme prédomine pour cette rentrée au collège d’Apogoti.

 

Les cours se déroulent en demi-groupe avec des places limitées à une dizaine de tables par classe.

 


 

40 % des 12-17 ans complètement vaccinés

Selon les chiffres actualisés du gouvernement que nous avons obtenus en milieu de semaine, le taux de vaccination a nettement progressé en l’espace de sept jours chez les 12-17 ans (24 643 jeunes). 39,2 % ont désormais un schéma vaccinal complet (contre 23,14 % la semaine dernière) et 59,7 % ont reçu une première dose (contre 52 %). Une dynamique qui permet d’envisager un schéma vaccinal complet pour 60 % des 12-17 ans à la fin du mois d’octobre. Selon Isabelle Champmoreau, le taux des enseignants vaccinés est estimé entre 60 et 65 %.

 

Autotest hebdomadaire

Le principe d’un autotest devrait être mis en place dans les lycées le vendredi 15 octobre au plus tard. Objectif ? Permettre aux élèves qui le souhaitent de faire leur test hebdomadaire, de préférence le dimanche, afin de vérifier s’ils sont positifs ou pas. Si c’est le cas, ils devront prévenir leur établissement. Dans les collèges, chaque élève de quatrième et de troisième recevra également une boîte de cinq autotests, qui lui permettra de contrôler son état jusqu’à la fin de l’année.

 

Temps d’observation

Afin de laisser un temps d’observation aux familles qui ont peut-être besoin de voir comment fonctionne le dispositif, l’absentéisme n’est pas pris en compte dans les quinze premiers jours, explique Isabelle Champmoreau. « Je comprends l’hésitation de certains parents de remettre leur enfant à l’école. Nous sommes dans une période anxiogène, il y a une crise sanitaire avec beaucoup d’informations qui arrivent aux familles, ce n’est pas toujours facile de se faire sa propre opinion, et j’espère qu’avec tout ce qui est mis en place, ça pourra rassurer les parents. »

 

Bouffée d’air

Si des adaptations ont été mises en place au collège d’Apogoti pour cette période de confinement adapté (trois services de cantine au lieu de deux, distanciation dans le réfectoire, cours décalés à l’après-midi, professeurs mobiles), certaines activités sont plus difficiles à réorganiser, c’est le cas notamment des sports collectifs. « J’ai dû revoir les cours pour les adapter au dispositif », notamment de distanciation, explique M. Chassaing, professeur d’EPS, qui pointe les limitations dues au travail en petit groupe. « Mais ce cours est aussi l’une des rares occasions pour les élèves de retirer leur masque à la condition que ce soit une activité sans contact. »

 

Tomislav Govekar (© T.G.)

 

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