La crêperie va quitter le rocher le 19 septembre

La famille qui gère la Crêperie du Rocher, à l’Anse-Vata à Nouméa, vient d’apprendre que le site va être démoli pour laisser place à une promotion immobilière. Conséquence, le restaurant cesse son activité le dimanche 19 septembre.  

Certes, l’équipe familiale qui tient la crêperie depuis dix ans savait que le restaurant était en sursis. « Au moment du rachat du Surf il y a près de deux ans, le promoteur nous a parlé de son projet d’immeuble en nous signifiant que nous n’en faisions pas partie, témoigne Marine Noris, gérante de l’établissement. On savait qu’il faudrait qu’on parte un jour. » Mais l’annonce de la date de fermeture le 19 septembre seulement un mois avant l’a sidérée. « C’est tellement soudain, c’est tombé du jour au lendemain. » Même si cela met fin à une situation difficile. « C’était très compliqué moralement de continuer en sachant qu’on devrait s’arrêter à un moment donné. C’est aussi pour cela qu’on n’a pas réinvestit, d’où un côté un peu délabré du lieu », poursuit Marine Noris, non sans amertume.

Mercredi 25 août, la gérante publiait un message sur la page Facebook pour annoncer la nouvelle aux clients « le cœur très lourd ». « Notre merveilleux spot va être rasé. (…) Un endroit paradisiaque qui marque les esprits. » Et qui va tomber sous le coup des engins. « Les travaux ont commencé. » Les réactions et les commentaires, nombreux, ne tardent pas. « D’habitude, on n’a pas trop d’activité sur notre page Facebook. Là, on a reçu beaucoup de messages d’amour en commentaires et en privé, on est vraiment ému et touché. Pleins de gens sont aussi venus réserver pour passer un dernier repas ici. »

Une institution

La famille Noris a repris La Crêperie du Rocher, construite en 2004, en 2011. Un coup de cœur pour la famille. « La vue nous a incité à la reprendre. » Témoin de naissances, de mariages, de premiers pas et d’anniversaires, etc., l’établissement est également fréquenté par les touristes. « Avant, il y avait des voyageurs et des gens de l’hôtel. » Malgré la fermeture du Surf en 2015 puis celle des frontières l’an dernier, la clientèle locale est restée, fidèle. Le restaurant n’a jamais désempli. « Je pense que ça plaît parce que c’est accessible en termes de prix et que la vue attire toute la Nouvelle-Calédonie. On est au calme, on n’entend pas trop les voitures. On se sent en vacances, c’est comme à la campagne mais en ville », glisse Marine Noris. Un site devenu une institution de par sa situation.

Prise de court, si Marine Noris invite tous ceux qui le souhaitent à venir partager le dernier service le 19 septembre ensemble, elle n’a pas encore eu le temps de réfléchir à un évènement en particulier. « Nous espérons pouvoir vous servir une dernière fois perché là-haut à profiter. » Et après ? La crêperie pourra-t-elle continuer sans son rocher ? « Cela fait deux ans qu’on cherche un autre endroit, mais on n’a pas eu de coup de cœur. Il y a cependant de grandes chances que l’on poursuive notre activité, sûrement à la baie des Citrons, même si ce n’est pas la même chose. On espère que le restaurant puisse subsister sans le rocher. »

 Page Facebook Crêperie le Rocher.


Un vaste projet immobilier

En contrebas de la crêperie, des pelleteuses s’activent déjà sur ce terrain de plus de deux hectares, et un panneau indique que des travaux de désamiantage sont en cours sur un des bâtiments. Certains, en ruines, doivent être démolis. L’entrepreneur Alfio Zuccato, qui a construit le site dans les années 1980, l’a racheté en octobre 2019 pour 1,35 milliard de francs à Nord Avenir, détenu à 85 % par la province Nord. A la place de l’hôtel le Surf, fermé en 2015 ? Une résidence d’appartements de standing La Voile du Rocher, dont le permis de construire a été validé. La vente des appartements commence même le mercredi 1er septembre dans un bureau installé sur place. Une deuxième tranche doit être construite en lieu et place de la crêperie. Sur place, il ne restera plus que le Casino en activité. La SNC Casino de Nouméa, filiale de la SHN, Société des hôtels de Nouméa, assure de son côté qu’« aucune délocalisation n’est prévue », que le Casino Royal ne ferme pas ses portes et qu’il va continuer de fonctionner normalement.

Les travaux ont commencé sur le site de l’ancien hôtel Le Surf. ©A.-C.P 

A.-C.P.

 

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