Autre sujet abordé lors de la 11e conférence des îles du Pacifique : les financements, indispensables pour agir en faveur de la conservation. Instabilité des versements, longueur des procédures, financements indirects… Plusieurs obstacles compliquent encore l’accès aux fonds pour les associations et organismes qui œuvrent sur le terrain.
Les acteurs de l’environnement sont pour la plupart unanimes : les financements internationaux consacrés à la conservation dans le Pacifique sont de plus en plus difficiles à mobiliser. En cause, une évolution des priorités. « Nous avons un monde qui bouge, avec des enjeux et des tensions mondiales. Les financements vont plutôt à la sécurité. La culture, le sport, la jeunesse et l’environnement passent sur un second plan », décrit Johanito Wamytan, membre du gouvernement en charge des questions liées à l’océan ou encore au climat.
ACHEMINEMENT DIFFICILE
Les pays du Pacifique pointent également la lourdeur des procédures. « 48 pages à remplir pour obtenir un financement de la part des organismes, ce n’est pas possible », atteste Kate Brown, directrice du Global Island Partnership, dont l’une des actions est de mettre en relation les grands financeurs mondiaux avec les projets locaux des îles.
Un enjeu d’autant plus important qu’une autre difficulté est soulevée : faire parvenir les financements jusqu’aux associations et aux communautés les plus proches du terrain. Une partie des fonds est parfois absorbée par la gestion administrative (montage des dossiers, suivi des projets, rapports aux bailleurs, etc.) ou par les différents intermédiaires, avant même d’atteindre les acteurs locaux. « Nous devons être exigeants envers nos partenaires. Le Pacifique ne peut pas continuer à porter une ambition mondiale avec des moyens fragmentés, des procédures trop lourdes ou des programmes conçus loin de nos territoires. Les financements doivent atteindre les communautés et renforcer durablement nos capacités scientifiques, juridiques, et opérationnelles », a par ailleurs souligné Taivini Teai, ministre tahitien de l’Environnement, lors de son discours d’ouverture à la 11e conférence des îles du Pacifique.
Certains grands bailleurs, comme le Fonds vert pour le climat (FVC), ont engagé des réformes pour faciliter et accélérer l’accès aux financements, notamment en activant sa procédure d’accréditation. Désormais, le fonds prévoit une moyenne de neuf mois maximum pour l’examen des nouvelles demandes, contre un an minimum auparavant. « Nous espérons que les pays ressentiront véritablement les effets de ces réformes », a déclaré la directrice exécutive du FVC, Mafalda Duarte, lors du Forum des îles du Pacifique à Palaos.
Nikita Hoffmann

