Indépendantistes : les axes de travail se confirment et divergent

Lors de leurs congrès, ce week-end, des composantes du FLNKS ont confirmé leurs lignes politiques pour les prochains mois. Si l’UC tente toujours de rassembler les forces indépendantistes coûte que coûte, le Palika souhaite plus que jamais travailler en partenariat avec l’État en vue d’une éventuelle sortie de la France.

Les orientations politiques des groupes indépendantistes pour les municipales et le deuxième référendum s’étaient déjà dessinées aux dernières provinciales. Elles se sont affirmées au dernier débat d’orientations budgétaires de la province Nord et surtout, lors du récent vote au Congrès du budget supplémentaire 2019. Ces orientations, avec d’un côté l’UNI et de l’autre l’UC, se sont confirmées ce week-end, lors du congrès de l’Union calédonienne et de celui du Palika, qui se sont tenus tous deux à Ouvéa.

L’UC garde son cap

Si les débats du 50e congrès de l’UC ont tourné autour des prochaines échéances électorales avec un point particulier sur le deuxième référendum, il en ressort que le parti reste droit dans ses bottes, ses cadres voulant réunir toutes les forces indépendantistes autour d’un seul objectif : « L’accession à la pleine souveraineté, une étape nécessaire à la construction d’un nouveau modèle ». C’est ce qu’a martelé Daniel Goa, réélu pour l’occasion président de l’Union calédonienne. Et pour atteindre cet objectif, il a insisté sur le fait qu’il fallait absolument éviter une période de tensions référendaires au sein de la mouvance indépendantiste. En clair, il faut que les composantes du FLNKS arrivent à se retrouver coûte que coûte pour les prochaines échéances électorales. Ce qui est loin d’être gagné compte tenu de la position de l’UNI de Paul Néaoutyine et surtout de celle du Palika qui semble évoluer vers un « certain dialogue », alors que pour l’UC, l’indépendance se gagne seule.

Le Palika demande un soutien

Quand on parle de dialogue, le Palika indique qu’il compte travailler sur la voie du partenariat avec la France, en cas de victoire de l’indépendance lors du deuxième référendum, prévu le 6 septembre 2020. Le parti souhaite que l’État précise comment il va « accompagner » la Nouvelle-Calédonie durant une période de transition d’un ou deux ans, par exemple, si le « oui » à l’indépendance l’emporte. C’est ce qu’a déclaré, à Ouvéa, Jean-Pierre Djaiwé, insistant aussi sur le fait qu’il n’y aura pas de discussion entre les trois partenaires de l’Accord de Nouméa (les loyalistes, les indépendantistes et l’État) d’ici le deuxième référendum. Partant de ce principe, on ne voit pas comment l’État pourrait ne pas accentuer sa position de neutralité dans les débats référendaires.

En tout cas, si les deux camps indépendantistes rêvent pour le moment d’un « oui » majoritaire en 2020, on sait désormais qu’ils ne se retrouvent pas sur la manière de gouverner une Calédonie indépendante ou souveraine si l’opportunité se présente. L’union du camp indépendantiste n’a jamais été aussi fragile, une union que certains tenteront de retrouver lors du congrès du FLNKS qui se tiendra en décembre. Un congrès qui permettra aux composantes du Front de se positionner comme l’UPM ou le RDO, qui étaient justement, eux aussi, en réunion à Bourail et Dumbéa pour discuter des prochaines échéances électorales.


Daniel Goa et Victor Tutugoro réélus

L’UC a reconduit ce week-end Daniel Goa à la présidence pour un huitième mandat consécutif. De nombreux candidats étaient face à lui comme Gilbert Tyuienon, Pierre-Chanel Tutugoro, Mickaël Forest, Néko Hnepeune ou Christian Tein. « Les délégués ont choisi la stabilité, a déclaré Daniel Goa sur RRB, dans la période où on arrive et, donc je pense qu’ils n’ont pas voulu bouger les choses, et c’est pour ça que je reste à la présidence. » L’UPM renouvelait également son président ce week-end et c’est Victor Tutugoro qui a été réélu à ce poste, qu’il occupe depuis 2011.

D.P.

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