Incertitude autour de l’évolution des prix

À compter du 1er octobre, les prix ne seront plus encadrés. Le risque d’inflation est dans les esprits et on redoute un nouveau coup de canif dans le pouvoir d’achat qui n’a cessé de se dégrader depuis un peu moins de dix ans. Le gouvernement devrait présenter son dispositif le 30 septembre.

Alors que les derniers mois ont été marqués par un certain répit en matière de hausse des prix, un sentiment d’inquiétude progresse avec la fin du dispositif d’encadrement des prix, le 1er octobre, après douze mois d’application. À l’origine, Calédonie ensemble, qui avait imaginé le texte avec l’arrivée de la TGC, prévoyait la poursuite du contrôle après cette première période de douze mois (elle était à l’origine de 18 mois) avec la possibilité d’agir en cas de dérives manifestes.

Attaquée devant le Conseil constitutionnel par deux grandes enseignes (Magenta Discount et Super U Auteuil) et le syndicat des importateurs de Nouvelle-Calédonie, la loi a dû être retoquée, le Conseil estimant, notamment, que l’atteinte à la liberté du commerce était trop importante. Depuis le 12 avril, plus aucun dispositif ne protège donc les consommateurs de la hausse de prix. L’UFC-Que choisir s’inquiète de cette absence d’encadrement qui pourrait conduire à une reprise de l’inflation qui était plutôt contenue, grâce à ce dispositif de contrôle des marges. L’inflation pourrait par ailleurs déprimer encore plus la consommation, par ailleurs déjà en berne, et principal pilier de la croissance calédonienne. Effet collatéral, si la consommation devait baisser à nouveau, cela aurait mécaniquement un effet sur le rendement de la TGC, les recettes étant directement adossées sur la consommation. Une baisse qui s’avèrerait complexe dans un contexte budgétaire très tendu.

Un bilan mitigé du bouclier qualité-prix à La Réunion

Sollicité, le gouvernement a indiqué qu’une conférence de presse serait organisée au plus tôt le 30 septembre. Une communication un brin tardive au cours de laquelle l’exécutif devrait annoncer la mise en place d’un bouclier qualité-prix, à l’instar de ce qui se fait, par exemple, à La Réunion.

Sans présager de son efficacité en Nouvelle-Calédonie, où plusieurs dispositifs similaires ont déjà été mis en œuvre sans réellement produire d’effet, un avis a été rendu par l’Observatoire des prix, des marges et des revenus de La Réunion en début d’année. Celui-ci pointe notamment le fait que « la grave crise qui vient de secouer l’île doit être l’occasion de questionner et repenser le dispositif qui n’apparaît pas comme un instrument efficace de lutte contre la vie chère. L’Observatoire recommande d’engager une réflexion, associant largement la population, sur la refonte du dispositif BQP et plus généralement sur la recherche d’instruments et de mesures de régulation plus efficaces des prix des services et marchandises à La Réunion respectueux des logiques de développement durable et de développement de l’emploi local ». Outre le bouclier qualité-prix, le gouvernement devrait s’inspirer des recommandations de l’Autorité de la concurrence de renforcer les sanctions en cas d’abus ainsi que les moyens sur les outils numériques, en particulier l’Observatoire des prix (https:// observatoiredesprix.nc/), peu utilisé, qui permet de comparer les prix dans les différents magasins.

M.D.

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