Handball : Le pôle Espoirs, l’usine à championnes

Ouvert en 2015, le pôle Espoirs handball féminin Pacifique de Nouméa (PEHB) est désormais bien implanté dans le paysage sportif. Chapeautée par l’ancienne joueuse professionnelle, Olivia Vaitanaki, la structure n’a pas fini de former des pépites.

C’est l’une des plus belles histoires du sport local. Lorsque le pôle Espoirs ouvre ses portes, en 2015, il accueille dès la première année une collégienne un peu paumée : Suzanne Wajoka. Pas brillante à l’école, elle joue un peu au handball du côté du Mont-Dore, sans prétention aucune. Aujourd’hui, non seulement elle a décroché son bac, mais c’est désormais le grand espoir de la discipline au niveau national. Capitaine de l’équipe de France juniors, elle frappe déjà à la porte de l’équipe A et devrait passer professionnelle l’an prochain au sein du club de Fleury-les-Aubrais (Centre-Val de Loire), formation de l’élite, où elle est en train de se former. « Je pense qu’en tant qu’entraîneur, je ne pouvais pas rêver mieux, sourit Olivia Vaitanaki, cadre technique et responsable du PEHB. Surtout dès la première année du pôle. »

Vie d’ascète

Surtout que la structure, à l’époque, n’est pas encore bien sur les rails, mais cette pépite lui permet d’obtenir une vraie crédibilité et vient appuyer la méthode de travail d’Olivia Vaitanaki. « La première année était compliquée, on n’avait pas encore des salles aussi facilement et certaines filles ne sont pas restées. En fait, j’ai fait du recrutement toute l’année. » Aujourd’hui, tout est bien huilé. Les filles du pôle sont logées au Centre international du sport et de l’expertise (Cise) à Koutio, vont au collège à Auteuil ou au lycée du Grand Nouméa et jouent dans la salle omnisports d’Auteuil. Enfin, le recrutement est désormais plus juste avec des jeunes qui comprennent l’intérêt du pôle : celui d’accéder au haut niveau. « Je travaille notamment avec une préparatrice mentale, Alizée Benoît, qui s’attache à la psychologie des candidates. C’est important de trouver des jeunes qui comprennent dans quoi elles se lancent. »

Car c’est une vie d’ascète qui les attend. Levées à cinq heures pour un premier entraînement physique deux fois par semaine avant d’aller en cours, puis un entraînement au handball chaque soir avant les devoirs et un couvre- feu à 21 heures. Le tout, encadré par Olivia Vaitanaki, Alizée Benoît et une kiné, Daphné Bailly. Une petite équipe aidée par des entraîneurs ponctuels et des services civiques qui s’occupent des jeunes, le matin et le soir, pendant les repas et pour les devoirs.

Filière vers le Loiret

Une vie difficile, mais la formule est payante. Depuis Suzanne Wajoka en 2016, trois autres filles du PEHB sont parties en Métropole. Cassidy Chambonnier, championne d’Europe avec l’équipe de France jeunes, et Norah Filituu sont à Fleury. Thérèse Lolou a pris cette année la direction du pôle Antilles-Guyane. En même temps que Jean-Philippe Takaniua, qui évolue au pôle d’excellence de Nîmes. Car aujourd’hui, les garçons commencent aussi à être intégrés au projet avec le Centre territorial d’entraînement. « Ils ont un planning identique à celui du pôle, commente Olivia Vaitanaki. C’est bien d’avoir des garçons aussi, ça change un peu l’ambiance. » De quoi rêver à un pôle Espoirs masculin sur le Caillou ? Tout semble possible.


Olivia Vaitanaki, la patronne

C’est un retour aux origines qui s’est opéré en 2015 pour Olivia Vaitanaki. Née en 1983 en Nouvelle-Calédonie, elle n’y reste qu’un peu plus d’un an avant que son militaire de père ne mette le cap sur la Métropole, où elle n’arrête pas vraiment de bourlinguer entre plusieurs villes et même un passage à La Réunion. C’est un peu par hasard qu’elle découvre le handball. « Je faisais du basket, se souvient-elle. Mais on était dans un endroit où on ne trouvait pas vraiment de club avec ma sœur, donc on a fait du handball au collège en UNSS. » Tout s’emballe alors puisqu’à 14 ans, elle se trouve un club et gravit les échelons, jusqu’en Ligue professionnelle féminine, l’élite du handball chez les femmes. Son club de cœur, c’est le CJF Fleury Loiret Handball. Elle y passera six saisons, pas d’affilée, et garde aujourd’hui encore des liens très forts. Assez pour organiser cette fameuse filière entre la Nouvelle-Calédonie et la Métropole.

A.B. ©A.B.

 

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