Groupama Race : la vie à bord, promiscuité sur mer agitée

Les 21 équipages engagés dans la 7e édition du tour
de la Nouvelle-Calédonie à la voile ont vécu un quotidien très particulier, fait de périodes de sommeil de deux heures,
de sacs de couchages humides qu’il faut partager, de repas minimalistes.

La vie à bord d’un voilier d’une dizaine de mètres n’est habituellement pas chose aisée. À sept équipiers et au beau milieu d’une course au large, les choses sont encore plus compliquées. Pour ne pas se marcher dessus et être le plus performant possible, chacun doit donc être à son poste.

Sommeil réparateur

« On est répartis en groupe de deux. On a deux heures pour dormir à l’intérieur du bateau, deux heures en rappel (action de se placer au vent du bateau, généralement les jambes à l’extérieur afin de l’aider à se redresser et ainsi gagner en vitesse, NDLR) où l’on peut se reposer un petit peu et ensuite deux heures de quart opérationnel pour diriger le bateau », explique Shirley Gervolino, la doyenne de Dove – Défi des filles.

Un rythme particulier auquel il faut très vite s’habituer pour parvenir à se reposer efficacement. Et ce, malgré la gîte du bateau, les nombreux bruits ambiants et les sacs de couchage qu’il faut partager et qui deviennent rapidement humides.

« Ce sont les premiers jours qui sont durs. Mais après, avec la fatigue, tu n’as plus de problèmes pour t’endormir », assure le skipper de Snatch n’ Furious, Olivier Dondrille.

Repas spartiates

Si certains équipages ont opté pour des plats préparés surgelés, d’autres sont plus spartiates et se composent de sachets lyophilisés (qu’il faut mélanger avec de l’eau pour réhydrater) ou appertisés (à faire bouillir au bain-marie).

Pas de panique, fruits, charcuterie, petits gâteaux et autres gourmandises sont tout de même présents à bord en cas de fringale. Pas d’heure précise pour manger, donc, même si sur Défi des filles, on se regroupe entre 17 heures et 18 heures pour passer un moment ensemble devant le coucher du soleil.

Boulègue, le bateau de Dove – Défi des filles, mesure 10,25 mètres pour 3,71 mètres de large. Un petit espace pour sept personnes.

Au niveau de l’hydratation, la règle est stricte : trois litres d’eau par personne et par jour, soit plus d’une centaine de litres embarqués. « On est dans une optique de performance, donc l’idée, c’est d’être le moins lourd à bord », précise Shirley Gervolino, qui participe à sa sixième Groupama Race.

Le défi des toilettes

Niveau hygiène, on se contente du strict minimum : quelques lingettes pour se débarbouiller et un brossage de dents. Et pour ceux qui auraient besoin d’aller aux toilettes, bon courage.

« C’est une épreuve, souffle Céline Kaltenmark de Défi des filles. Sur notre bateau, les toilettes sont tout à l’avant et avec la houle, c’est presque impossible d’y aller sans se casser la figure. » Et pour rester longtemps dans un aussi petit espace à l’avant en pleine mer, mieux vaut avoir l’estomac bien accroché.

Sur Snatch n’ Furious, le défi est tout autre. « Les toilettes sont à l’arrière, collées au lit et uniquement séparées par une bâche, raconte Clémence Chausse. Mais on ne se plaint pas, sur certains bateaux, on fait ses besoins dans un seau qu’on jette ensuite par-dessus bord. » Autant de difficultés qui prouvent bien que la Groupama Race est une épreuve aussi sportive qu’humaine.

Titouan Moal

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